PRESIDENTIELLE MALIENNE: IBK président ?

«IBK Président !» Ce slogan, accompagné d’un concert de klaxons, a animé les rues de Bamako, hier dimanche. Dès que la radio privée «Clédou» a commencé à livrer en direct les résultats du second tour, des centaines de citoyens ont afflué vers le quartier général du Rassemblement pour le peuple pour fêter la victoire. Les écarts enregistrés entre le candidat du Rassemblement pour le peuple (Rpm), Ibrahima Boubacar Keïta (IBK) et son rival de l’Union pour la République et la démocratie (Urdà, Soumaïla Cissé, sont insolents. Dans les villes de Bamako, Koulikoro, Kati camp, Kayes…, les scores de IBK quadruplent ceux de «Soumi». Des tendances qui annoncent une victoire de IBK, en attendant les résultats globaux et officiels.



PRESIDENTIELLE MALIENNE: IBK président ?

AMBIANCE DU VOTE

Le combat des forces… inégales

C’est comme si tout était déjà joué. Et que les résultats de la compétition électorale étaient connus avant même la fermeture des bureaux de vote. On dirait que le chemin qui mène au Palais présidentiel de Koulouba est balisé pour le candidat du Rassemblement pour le peuple (Rpm), Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Entre lui et son adversaire, le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (Urd), Soumaïla Cissé, le traitement n’est pas égal. Il est disproportionné à plusieurs niveaux. Le soutien populaire s’est manifesté avec des tonalités bien différentes. Soumaïla Cissé est arrivé à l’école Fondamentale de Badalabougou vers 9 heures et 15 minutes, juste après que les dernières gouttes de pluie qui ont arrosé Bamako pendant deux tours d’horloge se sont arrêtées. Accompagné de son épouse, «Soumi» se noie dans son grand boubou «trois pièces» de couleur blanche brodé au fil doré. Il est accueilli par une petite foule. A la limite timide. Quelques éléments de la Police assurent sa sécurité, apparemment loin d’être menacée. La poignée de journalistes qui l’attend dans la cour n’aura pas patienté très longtemps avant que l’ancien président de la Commission de l’Uemoa ne se présente. 3 petites minutes ont suffi à Soumaïla Cissé pour délivrer son message. Avec fermeté. Et son cortège de s’ébranler. Comme il était arrivé. Sans tambours ni trompette.

L’ambiance de Badalabougou est bien différente de celle qui prévaut au groupe scolaire A, B et C de Sébénicoro et ses alentours, où le candidat du Rpm, IBK, doit accomplir son devoir civique. Annoncé à 10 heures, IBK s’est présenté 40 minutes plus tard. Son arrivée est précédée d’un protocole très strict. Sa garde rapprochée commence par intimer l’ordre aux journalistes de ne pas s’approcher de IBK quand il fera son entrée dans l’école. Le long de la grande rue, une haie humaine s’est formée pour accueillir le candidat arrivé premier à l’issue du premier tour du scrutin le 28 juillet dernier. Quelques minutes plus tard, un 4x4 Prado de couleur noire dépose cinq éléments de la gendarmerie à la porte de l’école. Les hommes de tenue simulent un encadrement, de la porte du centre jusqu’au bureau de vote. Au même moment, des éléments de la Police, bien armés, tiennent les électeurs à distance.

L’Armée, la Police et la Gendarmerie «aux ordres» de IBK 

Soudain, une vive clameur enveloppe le quartier. Les cris et autres bruits fusent de toutes parts. «IBK Président !» Ce slogan est repris en chœur par la foule. De loin, l’on aperçoit une voiture militaire sur lequel trône un homme de tenue une mitraillette à la main. Deux autres voitures de la gendarmerie sont remplies d’hommes bien armés. Derrière ce peloton, s’aligne le long cortège de IBK, qui avance dans un concert de klaxons. Sa voiture est garée juste devant le portail. Les forces de l’ordre veillent scrupuleusement sur lui. Même les fenêtres du bureau de vote sont surveillées par des hommes de tenue, armes aux poings. Le candidat privilégié est envahi par une foule compacte, mais bien maîtrisée. Il effectue son vote et repart comme il est venu. Sans un seul mot. C’est à son domicile de Sébénicoro qu’il s’est adressé à la presse. A l’intérieur comme à l’extérieur de sa vaste résidence, des militaires sont postés à différents endroits, filtrant les entrées et les sorties.

Même le Président par intérim, Diocounda Traoré, n’a pas eu droit à la même sécurité qu’IBK. Il s’est pointé à l’école Mamadou Sarr, située dans le quartier de Lafiabougou, très tôt, encadré par quelques éléments. Mais le chef de la junte militaire, Sanogo, a été plus matinal. Lui a bravé la pluie. Dans un costume de couleur sombre, il s’est présenté dans son fief de Kati un peu après 8 heures et est reparti quelques minutes plus tard.

ENCADRE 1

SOUMAILA CISSE, CANDIDAT DE L’UNION POUR LA REPUBLIQUE ET LA DEMOCRATIE

«Je ne suis pas de ceux qui ne reconnaissent jamais leur défaite»

«Je suis fier de mon peuple, qui, en si peu de temps, a trouvé le chemin de la liberté et de la démocratie. Tout le Mali s’est mobilisé pour le respect de notre Constitution, pour que nous revenions à l’ordre constitutionnel normal. Aujourd’hui, c’est l’aboutissement de cette lutte. Je suis aussi particulièrement heureux que le peuple malien se soit mobilisé, tant au premier tour qu’au second tour, cela permet de tracer ensemble un chemin d’espoir et d’espérance. Nous allons tout faire pour que le Mali   se redresse et qu’il retrouve sa place dans le concert des Nations africaines. Le Mali mérite plus et pour le Mali, aucun sacrifice n’est de trop. Nous allons continuer ce combat. Le Mali a besoin aujourd’hui de relever les défis importants qui se posent au peuple malien. Nous avons besoin de trouver le chemin de l’émergence, c’est cela le vrai combat. Nous ferons en sorte que ce peuple retrouve sa dignité, son honneur et qu’ensemble, nous marchions vers d’autres victoires, vers d’autres gloires. Je suis un républicain et je me suis déjà soumis au verdict des urnes avant aujourd’hui, cela fait 11 ans déjà. Cette question se pose à ceux qui ne reconnaissent jamais leur défaite, à ceux qui pensent qu’on leur a toujours volé leur victoire. Ce n’est pas mon cas et ce ne sera jamais mon cas. Je rappelle que je suis un républicain. Après le premier tour, j’avais bien des raisons de ne pas reconnaître les résultats, mais je les ai reconnus parce que j’aime mon pays, j’aime la République, j’aime le droit et je respecte les institutions de mon pays.»

 

ENCADRE 2

DIOCOUNDA TRAORE, PRESIDENT PAR INTERIM

«On peut dire dores et déjà que la transition est réussie»

«J’ai des raisons d’avoir confiance car le premier tour s’est bien passé. Aujourd’hui, il s’agit de départager deux candidats. Je pense que ce second tour permettra aux Maliens de choisir leur Président. Je pense que le ciel tient à s’inviter, avec cette température très clémente, qui, je pense, va pousser les électeurs à aller voter en toute tranquillité. Je pense qu’on peut dire dores et déjà que la transition est réussie. Nous allons entrer dans une nouvelle phase de reconstitution de l’Etat malien et de réunification du peuple malien.»

ENCADRE 3

SANOGO

«Que les Maliens s’alignent derrière celui qui est élu !»

«Le seul mot que j’ai pour la presse, c’est de souhaiter que le Mali ait enfin quelqu’un qui puisse honorer ce pays, relever les défis et que tous les Maliens s’alignent derrière celui qui est élu, pour l’avenir ce pays.»


Dépêche

Lundi 12 Août 2013 - 17:31



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