Pakistan: Une « longue marche » à haut risque

L'opposition pakistanaise, emmenée par l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif, doit entamer aujourd'hui ce qu'elle appelle « une longue marche » de protestation. Des convois de voitures et d'autocars doivent partir ce jeudi matin de Karachi, dans le sud du pays, pour rejoindre la capitale Islamabad où ils sont attendus le 16 mars. Une grande manifestation itinérante pour réclamer le rétablissement dans ses fonctions de l'ancien président de la Cour suprême, Iftikhar Chaudry, révoqué par le président Musharraf en 2007, et que son successeur Asif Ali Zardari refuse de rappeler. Mais la police a procédé à des dizaines d'arrestations avant même le départ de cette grande manifestation interdite.



Nawaz Sharif, le chef le plus populaire de l'opposition, a appelé les Pakistanais à « changer la destinée » de leur pays en participant à « la longue marche ».(Photo : Reuters)
Nawaz Sharif, le chef le plus populaire de l'opposition, a appelé les Pakistanais à « changer la destinée » de leur pays en participant à « la longue marche ».(Photo : Reuters)
On se croirait revenu deux ans plus tôt, aux beaux jours de la mobilisation de l'opposition contre le général-président Pervez Musharraf. Mais aujourd'hui, les acteurs ont changé.

Au pouvoir, on retrouve une partie des opposants d'alors : les membres du PPP de feu Bénarzir Bhutto, et notamment son mari Asif Ali Zardari, devenu président du Pakistan. Dans l'opposition, son ex-allié de circonstance, Nawaz Sharif, devenu rival gênant et écarté sans ménagement de la vie politique par une décision de justice tombée quelques jours après l'appel à la mobilisation lancé par le clan Sharif.

Tout comme il y a deux ans, c'est la destitution du juge Chaudry qui est à l'origine de cette nouvelle crise politique. Ou plutôt sa non réinstallation à la tête de la Cour suprême. S'il retrouvait sa place, Chaudry pourrait en effet invalider l'amnistie dont a bénéficié le veuf de Bénazir Bhutto et mettre en cause son accession au pouvoir.

Des pourparlers ont été engagés pour éviter le pire, mais le clan Sharif, mis sur la touche depuis un an, semble prêt à en découdre dans la rue, où le rapport de force pourrait tourner à son avantage.

SOURCE

RFI

Jeudi 12 Mars 2009 - 11:36



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