Par-delà le retour de l’Ancien Président Maître Abdoulaye Wade



Par-delà le retour de l’Ancien Président Maître Abdoulaye Wade
Maître Abdoulaye Wade, ancien Président de la République, est rentré triomphalement au Sénégal après une longue absence. Cet accueil populaire peut être perçu comme un cri d’alarme adressé par une partie des sénégalais au Président le mieux élu de l’histoire politique du Sénégal moderne : Son Excellence Macky Sall. C’est une sorte de 3ème tour social réussi par l’ancien Président Maître Abdoulaye Wade, naguère banni, honni et rejeté par les sénégalais en 2012. Il a  été accueilli par la rue qu’il sait bien maîtriser, galvaniser et électriser à son compte. Cette foule, sortie dans les rues,  subit de plein fouet les rigueurs de la pauvreté, et est angoisée par les lendemains incertains faute d’une prise en charge effective de ses besoins sociaux.
 

Nos compatriotes ont affirmé leur profonde aspiration à un changement dans la conduite des affaires du pays : changement d’hommes, changement de méthodes, changement de schémas de gouvernance et changement de système de traitement des données politiques, sociales et économiques. Les anciens grecs définissaient la politique comme étant l’art de bien gérer les affaires de la Cité d’où une certaine forme d’abandon de soi et de ses intérêts crypto-personnels pour un bien-être collectif. Or depuis deux ans, même si on constate quelques avancées, des résultats probants tardent à venir. D’aucuns ont l’habitude de dire « REWMI DOXUL », j’aurais tendance à dire que «  REWMI DOXUL NIMU WARONN DOXE ». La coalition politique à la tête du pays est plongée dans une sorte d’immobilisme idéologique et une vraie léthargie handicapante. Le Président  Macky Sall a été porté au pouvoir  sur la base du « YAAKAR », l’espoir de résoudre le problème lancinant du chômage endémique des jeunes, l’espoir de solutionner la crise casamançaise, l’augmentation du pouvoir d’achat des masses laborieuses, l’espoir d’un système éducatif d’excellence, l’espoir d’une remoralisation de la vie publique entre autres.


Mais force est de reconnaître qu’il reste du chemin à faire pour atteindre l’émergence prônée par les autorités de notre pays. Les sénégalais ont la terreur dans le ventre, il ne faut pas juste le dénoncer : il faut y apporter une réponde rapide, durable et adaptée, pour sortir de la précarisation croissante et du marasme économique. D’autant plus que face au Tsunami politique Wade, des mesures à forte incidence sociale sont à prendre pour gagner la bataille symbolique de la réincarnation du rêve sénégalais. La reddition des comptes publics est une exigence démocratique, mais abréger la souffrance de nos compatriotes est une impérieuse nécessité. Assurément, nous sommes attachés à la défense du patrimoine financier de notre pays, mais c’est sur la base des résultats concrets que l’actuelle majorité présidentielle sera réélue ou éconduite en 2017.


Au demeurant la vraie émergence est celle qui se matérialise jusque dans l’assiette des sénégalais, or la meilleure manière de donner du pouvoir d’achat à toutes les couches sociales notamment les jeunes, c’est d’apporter une réponse structurelle au chômage chronique. L’emploi redonne de l’espoir et du bien-être, confère une existence sociale, pacifie le front social et dynamise notre jeune économie. Le moment est venu d’opérer des ruptures et des changements de paradigmes dans la marche du pays. La classe politique sénégalaise est encore très sectaire pour permettre une agrégation de toutes les forces intellectuelles et techniques dont regorge le Sénégal au service exclusif de son développement. Par ailleurs, la sérénité et le dialogue sont consubstantiels à notre pays qui est une terre d’érudition et un havre de paix.  Cette nécessaire stabilité  adossée à une grande capacité de travail et d’innovation, hissera notre vers les sommets du développement. 

 
Je ne doute pas de la capacité du  Président Macky Sall à réunir les sénégalais autour de l’essentiel et à s’inspirer de Périclès, en s’entourant de plus de technocrates aux compétences avérées et de moins de politiciens qui excellent dans le fétichisme des mots,  les concepts creux et une attitude revancharde lorsqu’elle n’est pas arrogante.
 
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Dr. Alboury NDIAYE
Sociologue spécialiste des Politiques Publiques
Emploi - Développement Social et Economique.
alboury@hotmail.com


Mardi 29 Avril 2014 - 11:10



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