Paralysie de la justice: le Sytjust décrète les «48 heures» de la colère contre le trésor

Le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust), décrète 48 heures de grève, ce à compter d’aujourd’hui. Et, la goutte d’eau de trop, qui a fait déborder le vase est la défalcation des salaires du mois de février de certains agents. Dénommée les 48 heures de grève de la colère, cela en raison des conditions difficiles voire même de misère que vivent actuellement ces travailleurs, le syndicat menace même d’aller en grève générale si cette situation perdure. Une grève générale suivie sur l’ensemble du territoire national.



Cette grève de 48 heures, vient mettre un terme à une accalmie de deux ans sans perturbation notée dans le secteur du service public de la justice. En effet  depuis le 30 juillet  2013, à aujourd’hui, le sytjust n’a pas observé une seule journée de grève. Dénommée les « 48 heures de la colère », car les travailleurs du service public de la justice sont excédés par la dernière mesure qui consiste à la défalcation des salaires du mois de février de certains de ses travailleurs, une situation qualifiée de trop et qui a poussé le Sytjust à remettre la robe de la lutte syndicale en décrétant 48 heures de grève générale sur l’ensemble du territoire.

A en croie le secrétaire général du syndicat, le seul responsable de la misère et de la précarité que vivent les travailleurs n’est autre le ministère de l’Economie des finances et du plan.


«Depuis 2012, nos droits sont violés de façon perpétuelle, par le régime en place en particulier le ministre Amadou BA. C’est un ministre qui déroule une politique dénudée de tout caractère sociale, car son seul objectif c’est de satisfaire les bailleurs de fonds du Sénégal », déplore El Hadji Aya Boun Malick Diop. 


Le secrétaire général du Sytjust de marteler: «Ce qui passe dans notre pays est dangereux car ce sont les droits acquis des travailleurs qui sont menacés, notamment par le fait que le gouvernement cherche à supprimer à tout prix les heures supplémentaires des travailleurs, et cela nous ne l’accepterons pas. C’est ce qui justifie notre grève de 48 heures, et si cette mesure n’est pas reconsidérée, nous marchons résolument vers une paralysie générale de la justice». 


Poursuivant leurs tirs groupés sur le ministère de l'économie, le chargé de communication du Sytjust de dire que "les travailleurs de la justice sont aujourd’hui assimilés à des souffres douleurs, nous sommes relégués au second plan, et le seul responsable de la précarité que nous vivons actuellement n’est autre que le ministre Amadou BA", qui fulmine Me Ameth Touré "est en train de torpiller les efforts de consentis entre eux et la chancellerie, avec des négociations entamées depuis 2012, dans le cadre de la modernisation de la justice et qui risquent voler en éclat à cause de l’attitude du ministre".  

Très en colère contre le ministre, les travailleurs de la justice ont convié la presse pour s’entretenir avec l’opinion sur les difficultés qu'ils vivent et avertir le gouvernement des éventuelles conséquences qui peuvent découler de la mesure prise par le ministre de l’Economie et des Finances avec "son ambition de réduire les heures supplémentaires dans un premier lieu et de les supprimer définitivement à l’avenir".

Une grève qui va paralyser aujourd’hui et demain tout le fonctionnement de la justice puisqu’il n’y aura pas d’audiences au palais de justice, à cause de cette grève du Sytjust. Une situation que déplore le secrétaire général du syndicat, mais "qui est dictée", selon lui par "la volonté du ministre Amadou BA de toucher aux droits acquis des travailleurs notamment, les heures supplémentaires, une agression qui ne passera pas», soutient Me Diop.

Et, face à cette situation, le Sytjust n’exclut pas d’aller vers une paralysie totale du service public de la justice voir même la fonction publique, et pour cela, des pourparlers sont menés avec les autres syndicats de travailleurs du Sénégal.  

Khadim FALL

Mardi 1 Mars 2016 - 14:03



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