Paris déroule le tapis rouge pour le Nigérian Buhari

En visite officielle à Paris pendant trois jours, le président Nigérian Muhammadu Buhari devrait rencontrer François Hollande ainsi que cinq ministres français. La France veut consolider ses liens avec un pays considéré comme un allié-clé sur le continent.



C’est sa « première visite officielle en Europe ». À l’Élysée, on n’est pas peu fier de recevoir à cette occasion le président nigérian Muhammadu Buhari, lundi 14 septembre à partir de 19h. Le président français François Hollande  avait lui-même annoncé sa venue lors de son discours aux ambassadeurs, le 25 août.

En comparaison, la visite de travail du président gabonais Ali Bongo Ondimba, qui devait être reçu à l’Élysée quelques heures plus tôt, passerait presque pour anecdotique… Buhari aura droit à un entretien à l’Élysée, suivi d’un dîner et, au cours de ses trois jours de visite, d’entretiens avec cinq ministres français.

Vu de Paris, le Nigeria  est en effet un allié-clé avec lequel les perspectives de coopération sont alléchantes. Premier pays d’Afrique par son économie et sa population (179 millions d’habitants aujourd’hui, 440 en 2050 selon l’Insee), il est le principal partenaire commercial de la France sur le continent. Le Nigeria est de surcroît situé au cœur de la sphère d’influence française, entre l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale : tous ses voisins sont francophones.

Nombreux défis

Bien que Total ait cédé certaines de ses participations dans le pays, le géant pétrolier français y réalise encore près de 12% de sa production. Le marché intérieur nigérian, avec plus de 50 millions de personnes appartenant à la classe moyenne émergente, attire désormais des entreprises telles que le géant français de la grande distribution Carrefour ou le constructeur automobile Peugeot. « Le Nigeria est la vingtième puissance économique du monde », souligne-t-on encore à Paris.

Une rencontre avec le Medef, le syndicat patronal français, est également au programme. Au cours de sa visite, Buhari devrait s’entretenir avec les ministres des Affaires étrangères (Laurent Fabius), de la Défense (Jean-Yves Le Drian), de l’Économie (Emmanuel Macron), des Finances (Michel Sapin) et de la Justice (Christiane Taubira). Avec ces deux derniers, le président nigérian devrait évoquer la lutte contre les transferts de fonds illicite et la corruption, l’une de ses priorités affichées depuis son élection.

Mais le Nigeria est aussi confronté à de nombreux autres défis. Très affectée par la chute des prix du pétrole, sa croissance devrait ralentir à 4,5% cette année selon le Fonds monétaire international (contre 6,3% l’année dernière). Surtout, Abuja peine à venir à bout de la très meurtrière insurrection islamiste de Boko Haram dans le Nord-Est. La France, qui fournit un appui en matière de renseignement – grâce notamment à ses vols en territoire nigérian  – avait organisé un Sommet à l’Élysée en mai 2014  pour faciliter le dialogue du géant nigérian avec ses voisins – en particulier le Cameroun, avec qui le Nigeria a toujours un contentieux frontalier. Paris devrait être à l’initiative d’un nouveau Sommet sur la sécurité au Nigeria, avec les pays de la région. Le choix de la date et du lieu de cet événement devrait être évoqué au cours de la visite


Jeune Afrique

Lundi 14 Septembre 2015 - 12:57



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