Patrice Evra, l'habitué des finales

A 34 ans, Patrice Evra va disputer sa cinquième finale de Ligue des champions. Un chiffre qui situe le joueur dans le paysage footballistique français malgré une image brouillée, suite au fiasco du Mondial 2010. A Berlin, face au FC Barcelone, il aura fort à faire face au meilleur joueur du monde Lionel Messi et à un vieil ennemi Luis Suarez.



Patrice Evra défie le temps. A 34 ans, il va disputer sa cinquième finale de Ligue des champions. Parmi les joueurs français, c’est simple, personne n’a fait aussi bien. Il est de la trempe de Clarence Seedorf et Edwin Van Der Sar et à une marche de la légende italienne Paolo Maldini, recordman avec 6 finales de C1. Cette finale de Berlin contre le FC Barcelone vient confirmer son excellent choix de carrière. Retour en arrière, à l’été 2014. Patrice Evra, qui a prolongé d’une saison avec United, quitte les Red Devils avec qui il a tout gagné pour rejoindre la Juventus Turin.

La révolution que prépare Louis Van Gaal l’a obligé à changer ses plans et l'arrivée de Luke Shaw pour une trentaine de millions d'euros lui laissait peu de place. Il débarque dans le Piémont où il retrouve Paul Pogba qu’il avait pris sous son aile à Manchester. Une destination étonnante qui lui permet de boucler la boucle, lui qui a fait ses premiers pas de professionnel à Monza en Série B au siècle dernier. Un choix fort aussi qui prouve que le joueur a encore envie. Il ne veut pas d’une fin de carrière dorée dans un pays "exotique". Car Evra est un compétiteur. Sa fabuleuse série en demi-finale de C1 le prouve : 11 matches, 8 victoires, 3 nuls. 
Joueur à polémiques en France, pas en Italie

Plus que sa compétitivité sur la scène européenne et notamment l’épopée avec Monaco, Patrice Evra reste surtout associer au fiasco du Mondial 2010. Capitaine de Domenech lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, Evra va payer la grève. Cinq matches de suspension qu’il purgera avant de revenir, rappelé par Laurent Blanc. Avec l’arrivée de Didier Deschamps à la tête des Bleus, il va retrouver le couloir gauche de l’équipe de France pour ne plus le quitter et disputer un deuxième Mondial d’affilée, lui qu’on ne voulait plus voir sous le maillot tricolore. Malgré une rechute lors d’une interview à l’émission Téléfoot où il s’était "payé" ceux qui prenaient plaisir à le critiquer (Luis Fernandez, Roland Courbis, Bixente Lizarazu, Pierre Ménès), il a conservé sa cote auprès de "DD" qui l’a maintenu, malgré son impopularité.

En Italie en revanche, cette propension aux polémiques n’a jamais entaché la réputation du joueur. "L’affaire Knysna n’a jamais été prise en considération. Cela n’avait aucune valeur au moment de signer", avait assuré Antonio Cabrini, ancien latéral turinois. Evra a même su convaincre Massimilliano Allegri l’entraîneur de la "Vieille Dame" arrivé en remplacement d’Antonio Conte. "Après une logique phase d’adaptation, Evra réalise une très bonne deuxième partie de saison. C’est un joueur très intelligent, qui devenu un joueur important avec beaucoup de personnalité", avait avoué Allegri. Ceux qui le voyaient se diriger vers la retraite, incapable de s’imposer sur le flanc gauche turinois ont été forcé de constater qu’Evra avait les ressources nécessaires. "Vu son âge, je pensais qu’il était sur la pente descendante, mais il m’a fait changer d’avis. Au début, il se contentait surtout d’être attentif défensivement, il a été plus entreprenant par la suite. Ce sera un joueur fondamental dans la dernière ligne droite de la saison", reconnaissait l’ancien Turinois Alessandro Birindelli.

Retrouvailles avec Messi et Suarez

Pour cette 5e finale, Patrice Evra ne devrait pas être trop dépaysé. Il va retrouver le club qui l’a empêché par deux fois de soulever le trophée, le FC Barcelone. Contre le club catalan, lui et ses coéquipiers Red Devils ont perdu en 2009 et 2011. A chaque fois, il avait du s’incliner face au talent de Lionel Messi, buteur lors des deux finales. L’Argentin, auteur d’un but incroyable en finale de Coupe du Roi samedi dernier, et son équipe seront favoris pour la finale. Ce qui n’est pas pour déplaire à Evra. "Contre le Barça ce sera un match difficile, David contre Goliath, mais on ne sait jamais, en football tout peut arriver. Barcelone reste Barcelone ! Maintenant ils ont trois joueurs devant, Messi, Neymar et Suarez, qui peuvent faire la différence. Ils peuvent marquer n’importe quand et il faut être prêt". Suarez justement, l’Uruguayen et le Français ont eu maille à partir par le passé.

Evra l’avait accusé d’avoir proférer des insultes racistes, ce que Suarez avait toujours nié. Il avait été suspendu et avait refusé de serrer la main du Français lors d’un match entre Liverpool et Manchester United. Les années ont passé mais ni l’un ni l’autre n’ont oublié. "Je suis fier de ce que je suis, fier de ma couleur et je lui serrerai la main, sans aucun problème. Mais je vais faire en sorte qu'il sente ma présence sur le terrain", a prévenu le défenseur. Une motivation plus personnelle qui s’ajoute à celle déjà grande de soulever une deuxième fois la Ligue des champions après le sacre de 2008 avec United. "A chaque fois que je joue cette compétition, je suis en confiance pour aller jusqu’en finale", estimait-il. Reste désormais à la gagner.


francetv sport

Mardi 2 Juin 2015 - 14:54



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