Pélerinage 2014 : Les commerçantes indésirables à Mouna

Les abords des tentes sur le site de Mouna, qui accueille des milliers de pèlerins en ce moment du Hadj, sont pris d'assaut par les commerçantes de différentes nationalités dont de nombreuses sénégalaises, malgré l'interdiction de toute activité commerciale sur place.



Pélerinage 2014 : Les commerçantes indésirables à Mouna
Robes assorties de foulards, bijoux en plaqué or, chapelets, écharpes en voile brodées de fil d'or, entre autres marchandises sont étalés à même le sol sur des tapis en toile devant les entrées des différents sites attribués à chaque pays.


Pour la première fois, le Commissariat a introduit certaines innovations pour le séjour à Mouna avec des couchettes individuelles munies d'oreillers et une cuisine aménagé à l'intérieur pour assurer la pension complète des pèlerins.

Parmi ces innovations, il y a également l'interdiction du commerce sur le site. Mais c'était sans compter avec la détermination des commerçantes à écouler leurs marchandises acheminés sur le site au prix de ''nombreuses sacrifices''.

''C'est pas une mesure des autorités saoudiennes, ni des agents de sécurité en poste sur le site, mais du Commissariat général qui veut nous empêcher de travailler'', râle une jeune commerçante qui a amené ses bagages depuis Dakar.

Dans sa grande valise d'une vingtaine de kilos, sont entassés pêle-mêle vaseline, produits de beauté, bijoux, boubous en brodés cousus à Dakar et autres accessoires.

''J'ai dépensé beaucoup d'argent et j'espérais écouler facilement mais si cela continue je vais être obligé de brader pour ne pas avoir un surplus de bagages au retour'', relève Sophie.

Pour une première expérience de pèlerine-commerçante, elle reste optimiste et relativise la situation. Mais les plus téméraires bravent l'interdit en faisant le tour des tentes pour proposer leurs marchandises, là ou d'autres choisissent de s'installer à l'entrée du site transformé en véritable marché ''par terre''.

En fait, la vente est interdite à l'intérieur du site par les missionnaires du commissariat, sur les différentes allées de moins de deux mètres qui séparent les tentes réparties sur un périmètre de prés de 2000 mètres carré pour 10500 pèlerins, commission nationale et privés confondus.

''L'espace est très étroit pour permettre aux pèlerins de circuler et si on doit y étaler des marchandises, les pèlerins auront des difficultés à se déplacer'', a expliqué le Colonel Demba Ndiaye, chargé de la logistique lors de la réunion d'échanges avec les missionnaires pour l'organisation du séjour à Mouna.

''Les grosses valises sont interdites lors du déplacement à Mouna, juste un petit sac avec des effets de toilette et le minimum nécessaire'' , avait -il prévenu.

Pour les responsables du Commissariat ''c'est juste pour une meilleure pratique des obligations religieuses des pèlerins dans un environnement propice à l'intérieur du site, mais pour les abords du site c'est du ressort des agents de sécurité saoudiens''.

En effet, sur de grandes affiches avec des images explicites, l'occupation de la rue pour le commerce est formellement interdit avec des croix rouges bien visibles. Il s'agit dans ce site, où se retrouvent tous les pèlerins après la station d'Arafat, de faciliter la circulation des personnes.

Des agents font des patrouilles pour enlever avec des pèles-mécaniques les marchandises trouvées sur place. Une pèlerine confie avoir assisté à une scène pareille où des commerçantes sénégalaises résidant à Djeddah ont perdu leurs marchandises qui ont atterri sur le camion poubelle.

''Elles sont restées à pleurer prés d'une heure parce qu'elles avaient pris à crédit auprès des pakistanais les foulards +asri+ très prisées des sénégalaises'', explique t-elle.

Pour cette édition 2014 du pèlerinage beaucoup de mesures de sécurité et d'hygiène ont été prises par le ministère du Hadj. Elles concernent les attroupements devant les hôtels, la vente de nourriture et le commerce devant les hôtels.

Des patrouilles permanentes veillent au respect de ces mesures. A côté des commerçantes sénégalaises, les nigérianes, les éthiopiennes, les somaliennes généralement habillées de leur robes noires ''bourkha'', sont très en vue.

Très futées, elles remballent rapidement dans les sacs qui servent d'étals, leurs bagages au moindre son d'une sirène. En cette période, les commerçantes bravent l'interdit pour écouler leurs marchandises.

Lundi, les pèlerins sénégalais rejoindront La Mecque pour une dernière obligation religieuse (tawaf) autour de la pierre noire ''Kaaba'', avant le départ du premier vol retour prévu à partir du 10 octobre.


avec Aps

Dimanche 5 Octobre 2014 - 16:31



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