Pétrole et environnement, Obama joue les équilibristes en Alaska

Le président américain Barack Obama doit effectuer une visite de trois jours en Alaska pour souligner les dangers du réchauffement de la planète. Une visite qui tranche avec sa récente décision d'autoriser l'exploitation par Shell de gisements pétroliers dans la même région.



En déplacement en Alaska, notamment pour se rendre à une conférence sur l'environnement, Barack Obama  va devoir concilier son désir de protéger cet Etat des effets du réchauffement de la planète et sa décision d’autoriser un grand groupe pétrolier à effectuer des forages dans la région. Inutile donc de dire qu’au cours des trois jours qu’il va passer dans la région, il va éviter autant que possible de parler de l’exploration des gisements de pétrole dans l’Arctique par BP et mettre l’accent sur les dangers du changement climatique.

Il s'est pourtant expliqué sur ce qui apparaît comme une contradiction évidente pour les défenseurs de l'environnement, en mettant en avant des impératifs d'indépendance énergétique : « Aussi longtemps que c'est le cas, je pense qu'il vaut mieux dépendre plus de notre production intérieure que des importations étrangères, et que nous devrions exiger de l'industrie pétrolière les normes de sécurité les plus élevées - les nôtres. » Ainsi la Maison Blanche insiste sur le fait que BP devra respecter scrupuleusement la législation américaine dans le domaine. 

C’est que l'Arctique fait l'objet de nombreuses convoitises : la Russie, la Norvège, le Danemark, l'Islande, le Canada et donc les Etats-Unis veulent y étendre leur main mise. « Il y aurait 13 % des ressources non découvertes de pétrole et 30 % des ressources non découvertes de gaz, explique Bastien Alex, chercheur à l'Iris sur les questions climatiques et énergétiques. [Même si] on a pas de certitudes absolues sur la quantité. » Sans parler des ressources halieutiques et minérales (or, cuivre) et  « potentiellement de nouvelles routes maritimes [à emprunter] très intéressantes, car il y a plusieurs jours de navigation pour relier l’Europe à la Chine. Cela veut dire d’énormes économies de carburant, de coûts de personnel. »

Un exemple du changement climatique

En fait, si Barack Obama a choisi l’Alaska, c’est que cet Etat constitue une parfaite toile de fond pour souligner les méfaits des gaz à effet de serre: c’est l’une des régions où les dommages causés par le réchauffement est le plus visible, car les spectaculaires glaciers fondent comme neige au soleil, et que le niveau des eaux ne cesse de monter engloutissant un nombre croissant de terres. La situation en Alaska donne un avant-goût de ce qui attend le reste du monde si l’on ne lutte pas de façon plus efficace et plus rapide contre le phénomène.

Reste les actes. Barack Obama a certainement été l’un des présidents qui a le plus fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il a fait adopter des lois pour forcer les constructeurs automobiles à fabriquer des véhicules moins polluants. Il a encouragé le développement des énergies renouvelables. Il a réussi à convaincre la Chine d’être plus respectueuse de son environnement. Et tout récemment, il a pris l’engagement de réduire d’ici 2030 les émissions de dioxyde de carbone de 32 %  comparé à leur niveau de 2005. A la conférence d’Anchorage ce lundi, il va lancer un appel à la communauté internationale en faveur d’une action collective pour parvenir à un accord mondial à la COP 21 en décembre à Paris.


Rfi

Lundi 31 Août 2015 - 10:40



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