Peut-on promouvoir la bonne gouvernance aux dépens de celui qu’on sert ?

Loin d’ouvrir une polémique avec le nouveau ministre de la bonne gouvernance, il est bon d’apporter des précisions à la suite de son interview donné au journal L’observateur ce lundi.



Peut-on promouvoir la bonne gouvernance aux dépens de celui qu’on sert ?
Déjà Samedi, avant son interview, une précision écrite avait déjà été envoyée à la presse pour corriger l’accusation portée à l’endroit de Bennoo Book Yaakaar concernant les fonds politiques. Comment apporter des preuves sur des choses soustraites au regard de tout organe public. Si Le président de la République offre de l’argent à ses proches et alliés à partir des fonds politiques, il est matériellement impossible de le prouver même si cette pratique est connue de tous. C’est précisément le problème qui est posé. Le ministre de la bonne gouvernance est aujourd’hui dans l’impossibilité de savoir qui sont les bénéficiaires des fonds politiques actuellement. C’est donc dire qu’il n’est même pas en position de démentir une quelconque accusation. Seuls les scandales et aveux des bénéficiaires nous fournissent des indices, mais jamais des preuves matérielles. Quant à la menace d’assignation qu’il évoque, ce sera peut-être l’occasion d’assigner les fonds politiques devant la cour de l’opinion publique.

La Transparence est devenue un principe constitutionnel qu’il devrait travailler à promouvoir au titre de la bonne gouvernance. Aucune ressource publique ne peut être soustraite du dispositif de reddition des comptes, mêmes les fonds politique dont l’usage relève d’une pratique dépassée. Et contrairement aux affirmations du ministre, il n’existe plus aucun pays moderne dans lequel le Président de la République fait usage de ces fonds politiques dans les modalités qu’il décrit. C’est une tentative maladroite que de vouloir présenter les fonds politiques comme les ressources dédiées à la sécurité nationale. La Réalité Historique dans ce pays est la référence pour introduire des réformes. Le ministre de la Bonne Gouvernance devrait être le premier à promouvoir ces réformes. Il devrait être le premier à comprendre le rôle de contre-pouvoir joué par Y’en a Marre et le M23. Il devrait aussi être le premier à encourager la prise en compte des conclusions des assises nationales dont il affirme tirer sa légitimité comme homme politique.

Ses prises de positions questionnent encore la possibilité d’être simultanément porte-parole et ministre de la bonne gouvernance.

Dans la même interview du ministre, le questionnement même subtil des assises nationales, du rôle déterminant des contre-pouvoirs dans le combat pour la deuxième alternance et de la nécessité d’encadrer les fonds politiques est un triplé dense qui symbolise l’acte de baptême du nouveau politicien et défenseur du Président Macky Sall qu’il a choisi de devenir en intégrant l’APR. Nous lui souhaitons bonne route et continuons le combat.

Par Amadou Gueye/Nouvelle République

Amadou Gueye

Lundi 21 Janvier 2013 - 21:27



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