Pluies d’hier : entre craintes et espoir



Pluies d’hier : entre craintes et espoir
La capitale sénégalaise à peine arrosée à travers ses premières gouttelettes de pluie que la clameur s’élève déjà au niveau de la banlieue, à Guédiawaye plus précisément et particulièrement à Médina Gounass, zone inondable où les populations sur les ondes de la Rfm, alertent déjà l’Etat du Sénégal sur les risques d’inondations. Les habitants demandent qu’on s’intéresse enfin aux canalisations au lieu de renforcer le dispositif du système de pompage qui est loin d’être une solution pour éviter le fléau des inondations ».

 
Contrairement à Tamar et Mérane, deux villages sis dans la région de Fatick où les champs vibrent au rythme des semoirs à petites graines que manipulent les cultivateurs dont certains attendent même pas plus tard que ce mercredi semer un sac de 50 kg d’arachide. A travers ce retour des pluies, c’est l’espoir qui renait avec  que le mil semé depuis le mois de mai est complètement détruit. « On a semé le mil depuis le mois de mai, juin et on n’a pas vu de précipitation », explique un paysan. A Matam toute aussi concernée par les précipitations, l’ambiance n’est pas à la fête. L’inquiétude est toujours de mise car les paysans ayant vu leurs premiers semis  perdus dans presque tous les périmètres du Diéri ; «il ne reste plus une seule graine de mil appelée «souna» pour passer au deuxième semi». Pire, les « semences de niébé annoncées par le ministre de l’Agriculture, ne sont toujours pas en place ». Pape Abdoulaye Seck est même appelé au secours.

 
Même cas de figure à Kaolack où aux lendemains de la pluie qui y a été enregistrée, on patauge déjà avec les eaux diluviennes qui commencent à s’emparer des lieux. Alors que la météo qui enregistre 127 mm à simenti, 91 à Tambacounda et à Bambey, 63 à Fatick et 110 mm à Kounghuel, 110 », annonce que cet hivernage, « il faut le suivre comme de l’huile sur la feu ». Car, en raison d’une « forte variation climatique, d’un coup,  on peut s’attendre à des cumuls très forts qui pourraient engendrer des dégâts » notamment au Nord, au Centre et Sud.  L’espoir est aussi permis « avec ce qui se passe sous le Golf de Guinée, notamment la façade de l’Atlantique » où «les conditions commencent à être légèrement favorables » avec «des poches qui commencent à être normales pratiquement à Tambacounda, Simenti, Bakel, Kédougou et Goudiri, à Cap Skirring ». Même si, « le déficit est encore rouge de Saint-Louis à Louga » et Dakar où à pareil moment en 2013, on avait à peu près un cumul de 72 mm, très loin des  très faibles  2,3 mm de mise actuellement.
 

Le Conseil Nationale de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR) en réunion ce mercredi matin pour faire le point sur le monde rural, de tirer sur la sonnette d’alarme : « la situation, elle est sérieusement préoccupante dans la mesure où les pluies ont tardé notamment les pluies utiles qui autorisent le producteur à semer… ».
 

Selon le porte-parole, Boubacar Cissé, « les pauses ont été très longues, ce qui fait que les plantes ont commencé à flétrir et c’est une préoccupation. Il faut remonter à très loin pour avoir un hivernage aussi tardif et donc, il y a une préoccupation par rapport aux semis qui sont déjà sous terre et qui pourraient ne pas être ouverts… ». Il urge selon le CNCR que redoute que l’hivernage ne soit trop court, de «faciliter l’accès aux semis à cycle court, tels que l’arachide, le niébé ou autre, le sésame pour des semences de qualité…Il va se poser un problème de productivité et de rentabilité ».

 
Interpellé, Youssou Diallo, conseiller technique n°1 du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, de dire que le gouvernement suit avec attention voire optimiste l’évolution. Avant d’annoncer un « programme d’urgence à travers la mise en place de variétés à cycle court notamment le niébé avec plus de 4000 tonnes qui ont été mises à disposition des producteurs, un programme manioc, pastèque, sésame mais aussi un programme sorgo pour permettre aux agriculteurs avec le risque de la pluviométrie de diversifier les risques, de pouvoir sécuriser non seulement leur alimentation mais aussi les revenus en plus des programmes structurels de mise depuis l’avènement de Macky Sall au pouvoir. 


Mercredi 6 Août 2014 - 17:01



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter