Ponctions budgétaires pour financer l'énergie : Les Etats-Unis expriment leurs réserves

Les coupes budgétaires que le gouvernement va opérer sur les secteurs sociaux tels que la santé et l’éducation suscitent des inquiétudes chez l’ambassadeur des Etats-Unis.Marcia Bernicat craint que cela ne mette en péril les résultats obtenus en vue de l’atteinte des Objectifs du millénaire.



Ponctions budgétaires pour financer l'énergie : Les Etats-Unis expriment leurs réserves
Les prélèvements budgétaires que le gouvernement du Sénégal veut d’opérer très prochainement sur certains secteurs pour venir en appoint à celui de l’énergie suscitent quelques inquiétudes chez l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal. Marcia Bernicat, qui présidait hier, avec le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, la revue annuelle conjointe du portefeuille de l’Usaid avec le gouvernement du Sénégal a, en effet, fait part des craintes qui risquent de plomber les résultats obtenus par notre pays dans les domaines de la santé et de l’éducation pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). ‘Il est très important que l’Etat du Sénégal maintienne son niveau de contribution dans ces secteurs sociaux pour ne pas mettre en péril les résultats obtenus en vue de l’atteinte des Objectifs du millénaire’, a dit Mme Bernicat.
L’ambassadeur des Usa au Sénégal estime, par ailleurs, que si l’Etat se désengage de l’offre gratuite des médicaments antirétroviraux, ce sont tous les résultats obtenus dans le cadre de la lutte contre le Sida qui risquent d’être perdus. A contrario, elle pense que ‘si le gouvernement continue de se montrer un partenaire engagé et dévoué aux besoins de ses citoyens, cela va encourager les autres bailleurs à s’investir encore plus’.

Des inquiétudes que le ministre de l’Economie et des Finances a vite tenté de dissiper. Abdoulaye Diop indique, en effet, que ces coupes n’auraient pas d’incidence sur les secteurs prioritaires. Il révèle que les prélèvements budgétaires effectués sur les secteurs de la santé et de l’éducation ne sont pas significatifs. ‘La contribution du budget d’investissement de ces secteurs au financement de l’énergie n’a concerné que 3,9 % de leurs crédits d’investissements globaux. Ce qui paraît raisonnable, eu égard à la surpriorité accordée à la solution des problèmes d’énergie qui ont coûté 1,4 % de croissance au Sénégal en 2010’, soutient l’argentier de l’Etat.

Justifiant ses mesures budgétaires, le ministre des Finances explique que, après avoir voté le budget, le gouvernement s’est rendu compte que la question de l’énergie était beaucoup plus difficile et profonde que ce qu’on en disait. Et le président de la République l’a ainsi instruit de chercher les moyens à travers le budget d’abord pour essayer de régler ce problème. ‘Il fallait faire une réallocation du budget. Nous sommes passé hier à l’Assemblée en commission pour régler ce problème crucial pour notre pays. Parce que le déficit énergétique nous a coûté 1,4 % de croissance en 2010. Donc, il faut le régler immédiatement pour enrichir le Sénégal. Car, sans électricité, on ne peut pas se développer’, déclare Abdoulaye Diop. Qui annonce que des coupes seront opérées un peu partout sur les projets non prioritaires pour régler un problème surprioritaire.

A noter que selon Marciat Bernicat, le gouvernement des Etats-Unis a contribué, en 2010, pour plus de 42 millions de dollars au Sénégal à l’amélioration de la croissance économique à travers le commerce et la gestion des ressources naturelles et la biodiversité, environ 32 millions de dollars à l’amélioration de la santé des familles, plus de 13 millions de dollars à l’éducation des jeunes et près de 5 millions de dollars à l’appui à la résolution de conflits, en général, celui de Casamance, en particulier.

Seyni DIOP (Walfadjri quotidien)


Jeudi 16 Juin 2011 - 11:07



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