Pourquoi le traitement médiatique infligé à Messi était injuste

L'Argentine s'est encore inclinée contre le Chili avant que Lionel Messi n'annonce sa retraite internationale. Pourquoi le traitement de la star est-il injuste après cette nouve...



À la recherche de son premier titre majeur depuis la Copa America conquise en 1993 en Équateur, l'Argentine avait remis ses espoirs sur le dos de son joueur le plus déterminant, son numéro 10, Lionel Messi. Arrivé dans un pic de forme par rapport au Mondial 2014 perdu face à l'Allemagne ou la Copa America contre le Chili en 2015, il a su conférer une grande valeur ajoutée à une équipe qui ne s'est jamais distinguée par son harmonie collective durant la compétition. Il y a deux jours, elle n'avait pas d'autre ambition que de gagner, quelle que soit la manière à en croire Tata Martino en conférence de presse d'avant-match. Et Messi a été présent, une fois de plus, mais seul et sans une structure cohérente autour de lui, le quintuple ballon d'or ne pouvait pas faire de miracles. Après l'annonce de sa retraite internationale, la pluie de critiques a son égard est injuste. 

Une animation absente, des joueurs marqués par le poids de l'histoire

Il est délicat de subodorer le plan élaboré par Tata Martino pour cette finale, celle de la victoire ou rien étant donné les antécédents de l'Argentine. Visuellement et grossièrement, cela ressemblait à "on passe le ballon à Messi et advienne que pourra". Autour de lui, des constantes se sont vérifiées : l'état physique de Di Maria est trop inconstant pour voir le joueur du PSG offrir sa meilleure version dans la finale d'un tournoi majeur, lui qui avait déjà manqué la finale du Mondial 2014 sur blessure, Agüero n'a rien offert en rentrant en jeu, et Higuain, en dépit de son changement de visage avec Naples cette saison, a de nouveau démontré qu'il ne savait pas convertir ses occasions lors de moments de vérités (Lyon 2010, Dortmund 2013, Allemagne 2014, Chili 2015 et 2016).


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Les trois dernières finales perdues couplées à la mission d'arborer ce maillot de l'Argentine sur les épaules ont une incidence claire sur les joueurs de l'Albiceleste. Comme si, écrasés par tant d'attentes et d'échecs, ils ne pouvaient ouvrir la barrière mentale qui semble se situer devant eux. Mais cette nouvelle déroute est aussi imputable à l'absence de plan de jeu. Tout Lionel Messi qu'il est, sans structure et organisation cohérente afin de maximiser son talent, il ne peut rien. L'Argentine attendait de lui, dimanche soir, qu'il rejoue la partition de Maradona en 86, elle l'a livré à lui-même. Cette impression de "seul contre tous", à fortiori face à une équipe aussi huilée que le Chili, fut impossible à surpasser. Le penalty raté de Messi sera l'image que le monde retiendra durant de nombreuses années, ne considérant pas qu'il a réalisé, aussi bien dans l'impact général que dans son implication, sa meilleure finale sous le maillot de son pays. Avec Messi, l'Argentine n'a jamais été aussi proche d'embrasser à nouveau le succès qui la fuit depuis 1993. 

Dès la fin de la séance de penalties face au Chili, Messi est allé s'asseoir sur le banc de touche, seul avec lui-même, le regard perdu, la mine abasourdie par un fardeau trop lourd pour lui, avant de se montrer humain en pleurant à chaudes larmes. Cette image, si elle n'est pas la synthèse du cycle Messi avec l'Argentine, restera à jamais gravée dans les mémoires. Reste à savoir si le numéro 10 saura, comme d'autres avant lui (Zidane ou Pirlo récemment) se relever de cet échec. Si oui, alors le Mondial 2018 en Russie  constituera la dernière chance de briser la malédiction d'un pays entier. Mais à cet instant, en Argentine, il est venu le moment de pleurer. 


Mardi 28 Juin 2016 - 08:00



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