Pourquoi les pilotes d'Air France poursuivent leur grève

Les grévistes redoutent que les conditions de travail de la filiale low cost Transavia ne deviennent à terme la norme dans la maison mère.



amais Air France n'a connu un conflit social aussi long. La grève des pilotes dure depuis douze jours et continue de clouer au sol la moitié des vols de la compagnie, vendredi 26 septembre. Mais que réclament les grévistes, qui ont obtenu mercredi le retrait définitif de Transavia Europe ? L'assurance que leur statut Air France ne sera pas menacé par la montée en puissance de Transavia France, la filiale low cost.

Ils craignent que Transavia ne supplante Air France

Les professionnels du ciel redoutent que Transavia France (14 avions aujourd'hui) ne prennent à terme le dessus sur la grande sœur, Air France, où les conditions de travail sont plus avantageuses. Et, surtout, "que demain Transavia devienne la norme d'embauche des pilotes et la porte d'entrée chez Air France", selon le Spaf.
Or le statut des pilotes d'Air France leur confère notamment des temps de récupération plus longs et une charge de travail moins élevé (600 heures de vol en moyenne contre 700 à 800 heures) que les personnels naviguant dans les compagnies à bas coûts.
"Aucun pilote d'Air France n'acceptera de partir chez Transavia si on lui impose la conclusion d'un nouveau contrat de travail Transavia". Inflexibles, les syndicats n'entendent pas lever leur préavis de grève tant que des garanties ne leur seront pas apportées.
Celui du Syndicat national des pilotes de ligne, le SNPL, majoritaire, court jusqu'à mardi 30 septembre inclus. Le Spaf, deuxième syndicat représentatif, s'est aligné vendredi sur cette date, accusant la direction d'être "responsable du pourrissement de la situation".

Ils veulent un "contrat unique" 

Si les syndicats semblent prêts à faire des concessions, ils réclament cependant un "contrat unique", pour ne pas scinder le corps des pilotes en deux, explique une source proche du dossier. Pour les grévistes, les doutes ne seront levés qu'avec la création de ce "contrat unique" partagé par tous les pilotes du groupe Air France-KLM, avec des conditions de travail proches de celles en vigueur chez Air France.
Une exigence "totalement contraire" au projet Transavia France, a tranché le conseil d'administration de la compagnie aérienne franco-néerlandaise, réuni jeudi soir, qui a accordé son "plein soutien" à la direction. Impossible de faire du low cost, expliquent les dirigeants, en conservant les règles traditionnelles qui régissent les compagnies classiques.
AF-KLM, numéro deux européen derrière l'allemand Lufthansa, n'entend pas sacrifier ses ambitions dans le transport aérien à bas coût, où se nichent des "opportunités de croissance" selon le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac. Son plan stratégique "Perform 2020", qui prendra en janvier le relais du plan de restructuration "Transform 2015", vise à tenter de combler le retard pris face à Ryanair et easyJet, les deux poids lourds du secteur.

FRANCETV INFO

Vendredi 26 Septembre 2014 - 16:36



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