Pratiques mystiques : «Une femme m’a demandé de mettre un gris-gris sous un mort»

«J’en ai fini avec ces gens», a déclaré le lutteur «Eumeu Sène». C’était hier après sa victoire sur «Balla Gaye 2». Et le motif invoqué est que ce dernier avait enfoui des gris-gris dans la tombe de sa mère. Que cela soit avéré est une chose. Mais ce qui est sûr, c’est que des personnes font toujours recours aux services des gardiens de cimetières pour s’adonner à ce genre de pratiques mystiques.



Pratiques mystiques : «Une femme m’a demandé de mettre un gris-gris sous un mort»
 «Des gens viennent souvent me demander d’enterrer des gris-gris dans une tombe. Des fois ils viennent même avec le nom de celui qui occupe cette tombe», a déclaré un des préposés à la sécurité du cimetière de Yoff. Et de poursuivre : «la plupart du temps ce sont les jeudis qu’ils viennent me trouver parce que d’après les croyances, une personne enterrée le jeudi présente certaines avantages par rapport à d’autres».

Son congénère le conforte dans sa position. Selon lui, les lutteurs et les hommes politiques remportent la palme. «A l’approche des élections, beaucoup d’hommes politiques viennent nous solliciter pour ce genre de travail contre une somme d’argent. Bien sûr que nous refusons. Mais des fois nous sommes tentés d’en accepter certains tels que ramasser des brindilles d’arbre tombées. J’accepte ça parce que cela ne vient pas heurter mes croyances».

Mais ce qui est plus inquiétant pour lui c’est que des femmes viennent aussi solliciter leurs services. «La première fois qu’une femme est venue me retrouver pour me demander de mettre un gris-gris sous la tête d’un mort, j’ai failli m’évanouir. Je l’ai insulté et j’ai même menacé de la traduire en justice. Mais j’ai remarqué que les femmes viennent fréquemment et certaines sous prétextes d’être venue prier pour leur mort, s’adonnent en réalité à ces rites.  

Les pratiques mystiques se croisent dans le monde de la lutte. Mais elles ne se limitent pas simplement à cet environnement. En effet, beaucoup de Sénégalais affirment y croire et certains d’entre eux déclarent même en avoir fait usage au moins une fois au cours de leur existence. Mais ces faits vont des fois jusqu’à envenimer des relations qui pourtant étaient parties pour durer.
 

Ousmane Demba Kane

Lundi 6 Avril 2015 - 16:34



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