Prenez votre retraite en main: message aux retraités et aux préretraités du Sénégal



Prenez votre retraite en main: message aux retraités et aux préretraités du Sénégal
La clé de la réussite, c’est de donner un nouveau sens à sa vie. Eh bien, cela ne va pas de soi! «Toute notre vie active, nous sommes sur un pilote automatique. La réussite professionnelle, l’achat d’une maison, la fondation d’une famille, tout cela donne un sens à la vie. Mais à la retraite, une remise en question profonde s’impose pour prendre un nouveau départ». Faute de quoi, on risque de rater cette étape. C’est ce qui est arrivé à Carole. Lorsqu’elle a quitté son poste de professeur d’histoire au secondaire, à 50 ans, elle était ivre de joie. «Je me sentais privilégiée de quitter cet emploi super stressant», raconte cette femme de 61ans. Son premier été de retraitée, elle l’a vécu sur un nuage. Toutefois, à la rentrée, tout a basculé.
 
«Soudainement, je me suis retrouvée devant rien. Ma fille volait de ses propres ailes, je n’avais plus de travail et je vivais seule. J’avais perdu tous mes repères d’un coup», se rappelle-t-elle. Elle sombre dans des états dépressifs. Pendant cinq ans, elle tentera de redonner un sens à sa vie par le truchement de divers emplois et activités. Sans des amies fidèles, elle jure qu’elle n’aurait pas traversé cette période. Après de multiples thérapies, la participation à un groupe d’entraide et l’arrivée d’un petit-fils, Carole a fini par retomber sur ses pieds. «Le problème, c’est que je n’ai pas eu le temps de planifier quoi que ce soit avant la retraite. C’est arrivé si vite! J’ai été prise au dépourvu.»
 
Selon une étude de Statistique Canada réalisée en 2005, 20% des personnes de 65 ans et plus souffrent de dépression à divers degrés, mais les chercheurs estiment que l’état dépressif est probablement sous-déclaré dans les enquêtes. «Il est fréquent qu’après un, deux ou cinq ans à la retraite, les gens se sentent déprimés, faute d’avoir réussi à concrétiser leur projet de retraite», souligne Sylvie Lapierre, directrice du Laboratoire de gérontologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
 
Le psychologue Jean-Claude Tremblay : «Il importe de faire le bilan de notre vie, de redéfinir notre mission le plus tôt possible, en nous questionnant sur nos valeurs et notre place dans la société. Qu’est-ce qui me fait vivre? Comment puis-je me rendre utile ?». Il ne faut pas quitter sa vie professionnelle avec des remords et des regrets. «La retraite doit s’inscrire dans la continuité, et non comme une fuite en avant», ajoute-t-il. La recette du bonheur n’existe pas, mais les études démontrent que les personnes qui réussissent le mieux la transition travail-retraite sont celles qui poursuivent des activités entreprises durant leur vie professionnelle. Toutefois, beaucoup de préretraités portent des lunettes roses et voient la retraite comme des vacances éternelles.  La gérontologue Catherine Geoffroy se charge de les rappeler à l’ordre. «Les voyages, comme faire le tour de l’Amérique en véhicule récréatif (VR), ce sont des projets à court terme. Que ferez-vous au retour? ». Penser à long terme est primordial pour une retraite réussie.
 
Le psychologue Jean-Claude Tremblay insiste sur l’importance de l’engagement social. «On ne peut pas se retirer du monde et passer le reste de ses jours à s’amuser. L’être humain ne peut s’infantiliser ainsi. Il a besoin de se sentir utile et doit continuer à se développer.» Le travail à temps partiel, le travail autonome, le bénévolat, le transfert de connaissances, la famille, il existe autant de façons de redonner un sens à sa vie qu’il y a de retraités.
Des pièges à éviter dans la planification de la retraite
Prendre des décisions radicales
Avoir une vision à court terme
Tout miser sur une seule activité
Se remettre en forme
S’occuper de ses petits-enfants
Tomber dans la consommation maladive
Que faire à la retraite ?
Travailler pour le plaisir
S’engager socialement
S’engager dans la vie associative (partager des expériences vécues)
 
«Le grand avantage de la retraite, c’est que notre rapport au temps a complètement changé. Nous faisons les choses à notre rythme, quand cela nous tente.»   Paul et Lise.
 
Modou FALL
Président de l’Amicale des Travailleurs du Rectorat / UCAD 


Jeudi 17 Décembre 2015 - 11:51



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