Présidentielle au Mali: dans l'attente des résultats d'un scrutin sans incident majeur

«Le scrutin présidentiel malien (a été) marqué par une mobilisation importante et une absence d'incident majeur», voilà comment François Hollande, le président français, a salué le déroulement de l’élection présidentielle au Mali, dimanche 28 juillet. Ce lundi matin, le dépouillement se poursuit et si on ne dispose encore d’aucun chiffre officiel, ni sur la participation ni sur les résultats, des journalistes maliens, cités par l'AFP, donnent Ibrahim Boubacar Keïta en tête. Aucun candidat ne s'est encore exprimé. La seule certitude, c’est le taux de participation, plus important que lors des précédents scrutins.



Présidentielle au Mali: dans l'attente des résultats d'un scrutin sans incident majeur

A Bamako, dimanche, tout le monde a été surpris par la longueur des files d’attente devant les bureaux, tous les présidents de bureau nous l’ont confirmé : il n’y a jamais eu autant d’électeurs. A Tombouctou, à Gao, les envoyés spéciaux de RFI ont fait le même constat.

Du côté de la société civile, le réseau Apem, qui a déployé plus de 2000 observateurs sur tout le territoire, souligne également une très forte mobilisation. En fait, si l’on en croit ce réseau, il y a eu dimanche une forte mobilisation sur tout le territoire, à l’exception de Kidal, dans l’extrême Nord, où de jeunes Touaregs ont mené deux petites manifestations indépendantistes, aux cris de « Azawad ! Azawad ! »

Pourquoi cet engouement ?

C'est que les Maliens veulent « oublier le cauchemar qu’ils viennent de vivre », comme l’a dit le candidat Ibrahim Boubacar Keïta, dimanche, à la sortie de son bureau de vote. Ou bien parce qu’ils veulent « tourner la page et retourner dans le calme, à des institutions républicaines » a lancé de son côté le candidat Soumaila Cissé.

En voyant ces hommes et ces femmes déterminés à attendre une heure et plus devant ces bureaux de vote, « on sentait une véritable ferveur », a lancé le président de la commission de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), Kadré Désiré Ouédraogo. « On a eu l’impression qu’il y avait un sursaut national », a lancé de son côté le Sénégalais Abdoulaye Bathily, le numéro deux de la Minusma, la Mission des Nations unies au Mali.

On ne connaît pas encore le taux de participation, mais à Bamako on n’avait jamais de telles files d’attente devant les bureaux de vote et tout le monde pense que la barre des 40 % pourrait être franchie.

Dimanche, l’engouement était tel que même le putschiste de mars 2012, le capitaine Amadou Sanogo, est allé voter avec son épouse au camp militaire de Kati, près de Bamako. Il a déclaré qu’il était prêt à travailler pour le futur président, quel qu’il soit.

En fait, ce qu’attendent les Maliens, c’est le retour d’un chef et la restauration d’un Etat, en un mot un chef d’Etat. Et après l’humiliation de ces deux dernières années, on sent que le vote de ce dimanche a été, pour beaucoup de Maliens, un jour de fierté.


Rfi.fr

Lundi 29 Juillet 2013 - 13:02



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