Présidentielle au Mali: les deux principaux camps affirment être en tête

On attend toujours les résultats du premier tour de la présidentielle malienne, qui s’est tenu dimanche 28 juillet 2013. Mais des médias privés maliens ont déjà donné des résultats non officiels, selon lesquels c’est le candidat Ibrahim Boubacar Keïta qui arriverait en tête, et qui pourrait même l’emporter dès le premier tour. L’autre favori de l’élection, Soumaïla Cissé, n’est pas de cet avis. Il affirme que c’est lui qui arrive premier et qu’un second tour doit avoir lieu. Il évoque également ses soupçons sur de possibles cas de fraude.



Des urnes transparentes et scellées. Pierre René-Worms
Des urnes transparentes et scellées. Pierre René-Worms
Le chiffre, le seul chiffre que l’on avance ici officiellement, probablement d’ailleurs parce qu’il ne fâche personne, ce sont les estimations du taux de participation à la présidentielle. Les observateurs de l’Union européenne parlent d’un taux de participation d’environ 50 %. Les observateurs nationaux confirment et précisent : un peu plus de 50 % dans la capitale malienne et jusqu’à 77 % de taux de participation dans certaines localités, comme à Tombouctou.
Si ces chiffres sont confirmés, on pourra dire que depuis plus de deux décennies, c’est la première fois qu’autant de Maliens sortent pour voter. Pour ce qui est des résultats du scrutin, le ministère malien de l’Administration territoriale devrait, avant la fin de cette semaine, se prononcer.
Mais deux camps se dessinent déjà nettement. D'abortd celui du candidat Ibrahim Boubacar Keïta dont les partisans envoient de nombreux messages par téléphone portable pour dire « takokélé !. », expression en langue locale en bambara pour dire « nous avons gagné dès le premier tour. »
Un second tour inévitable
Faux, répondent quatre candidats, appartenant tous au Front pour la démocratie et la République (FDR), un front anti-putsch. Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé, Jeamille Bittar et Dramane Dembélé, côte à côte au cours d’une conférence de presse, tenue lundi 29 juillet à Bamako, affirment qu’un second tour est inévitable.Il y a eu de la précipitation de la part de certains médias dans la diffusion de présumés résultats, explique Soumaïla Cissé : « Moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote, une radio de la place… s’est permis de diffuser les résultats. On ne sait pas d’où viennent ces résultats, il y a eu beaucoup d’émoi, et le camp dont vous avez parlé (celui d'Ibrahim Boubacar Keïta NDLR) s’est prévalu de ces résultats pour dire qu’ils avaient gagné. C’est quelque chose d’irresponsable ! Tout simplement il faut rester serein et attendre… on ne va pas faire comme dans d’autres pays où chacun se proclame vainqueur… on a dépassé ce niveau ! Moi, les retours que j’ai, c’est que je suis devant et qu’il y a un deuxième tour… maintenant, les résultats officiels nous diront ce qu’ils pensent. »
Du côté d'Ibrahim Boubacar Keïta, on se dit prêt à respecter les résultats officiels « quels qu'ils soient » comme l'affirme Mamadou Camara, son porte-parole : « Selon les informations en notre possession, qui ne sont pas des informations officielles, qui sont sur la base des résultats qui sont remontés par nos délégués après dépouillement, il n’y aurait pas de second tour, mais ce sont des informations propres à notre camp. Nous attendons simplement avec patience que le ministère confirme ou invalide ces tendances et à partir de là nous saurons quoi faire. »
Et si cette première tendance est invalidée, IBK est prêt pour un second tour : « Evidemment, si nous n’atteignons pas les 50 % nous sommes prêts à un deuxième tour. Le président IBK a dit, depuis toujours, qu’il respecterait les résultats quels qu’ils soient… comme l’ensemble des candidats, nous nous sommes engagés à respecter les résultats quels qu’ils soient », renchérit Mamadou Camara.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Mardi 30 Juillet 2013 - 10:28



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