Présidentielle en Bolivie : Evo Morales mise sur son bilan économique

Près de 6 millions de Boliviens s'apprêtent à voter, dimanche 12 octobre, pour choisir un président et renouveler le Parlement. Avec 59 % d'intentions de vote dans les sondages, Evo Morales est le grand favori pour obtenir un troisième mandat à la tête du pays. Son principal rival, l'homme d'affaires de centre droit Samuel Doria Medina n'étant crédité que de 13 % des voix. La popularité d'Evo Morales est au beau fixe, essentiellement en raison de son bilan économique et de ses retombées sociales.



Le président bolivien Evo Morales le 4 juillet 2013. REUTERS/David Mercado/Files
Le président bolivien Evo Morales le 4 juillet 2013. REUTERS/David Mercado/Files

A l'approche de l'élection présidentielle de dimanche, le président-candidat Evo Morales a consacré, mercredi 8 octobre, l’essentiel de son dernier discours de campagne à l'économie. Dans la ville d’El Alto, Evo Morales a lancé devant des milliers de ses partisans : « nous en avons fini avec ceux qui nous soumettaient politiquement et nous volaient nos ressources naturelles ».

Dès son arrivée au pouvoir en 2006, le leader indigène socialiste a nationalisé les hydrocarbures, la Bolivie possédant les secondes réserves de gaz naturel d’Amérique du Sud après le Venezuela. Depuis, les revenus du secteur ont explosé, passant de 530 millions d’euros en 2005 à plus de 4 milliards et demi d’euros en 2013, le tout directement dans les caisses de l’Etat. Le président bolivien peut également ajouter à son bilan économique, une inflation maîtrisée, une croissance à 5% de moyenne sur les huit dernières années  et un PIB par habitant qui est passé d’environ 800 euros en 2005 à plus de 2 000 euros l'année dernière.

Des retombées sociales positives

Un boom économique dont profitent les Boliviensgrâce à une redistribution financière directe sous forme de primes à certains secteurs de la population - comme les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants scolarisés - et à travers des augmentations régulières du salaire minimum, qui est passé de 56 euros à 160 euros mensuels en huit ans. Plus indirectement, la population jouit d’investissements publics importants comme le lancement du tout premier satellite bolivien de télécommunications l’an dernier, ou encore la construction d’un téléphérique de transport public à La Paz.

 
 

Autre effet positif de la politique économique d'Evo Morales : le gouvernement bolivien a réussi à réduire le pourcentage de la population vivant en situation d’extrême pauvreté de 28 à 18%. D’après le ministre bolivien de l’Economie et des Finances, Luis Arce, la Bolivie aurait même abandonné récemment le titre de pays le plus pauvre d’Amérique du Sud à son voisin paraguayen.

« Capitalisme d'Etat » 

Pour les détracteurs d'Evo Morales, le modèle économique établi par le président bolivien est tout sauf durable et affirment que ce modèle économique n’a rien de socialiste, ni de révolutionnaire. Selon eux, ce modèle s'appenterait plus à « capitalisme d’Etat » avec des entreprises nationalisées mais aussi une forte présence du secteur privé.

La principale critique faite à Evo Morales est d’avoir renforcé une économie basée presque uniquement sur l’exportation de matières premières. Une économie qui serait donc trop dépendante de la vente de gaz naturel et de l’exportation de minerais, les deux principales sources de revenus du pays, et qui ne serait pas assez diversifiée. L’opposition dénonce également le retard pris par le gouvernement dans l’industrialisation du pays et le manque d’opportunités de carrière pour la classe moyenne dans un pays où environ 80% des emplois appartiennent au secteur informel.


Rfi.fr

Samedi 11 Octobre 2014 - 09:20



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