Présidentielle en Mauritanie: l'heure des décomptes

Le dépouillement a commencé en Mauritanie sitôt la fin du scrutin. Le premier tour de l'élection présidentielle se tenait hier, samedi 21 juin. Trois mille bureaux de vote, cinq candidats en lice dont le président sortant Mohamed ould Abdel Aziz. Le taux de participation n'est pas encore connu mais la Commission électorale a laissé entendre qu'il dépassait les 50%. Or les principaux leaders de l'opposition avaient appelés au boycott.



Des jeunes munis d'un ordinateur aident les électeurs à trouver leur bureau de vote, moyennant 100 ouguiyas soit environ 25 centimes d'euros. Marie-Pierre Olphand
Des jeunes munis d'un ordinateur aident les électeurs à trouver leur bureau de vote, moyennant 100 ouguiyas soit environ 25 centimes d'euros. Marie-Pierre Olphand

La journée de vote a commencé très tôt pour certains électeurs . « On est venu ici à 6h30 – 7 h pour faire notre devoir, c’est notre pays », raconte cet homme. Le vote est simple : il suffit de choisir son candidat sur un bulletin unique à l’aide de sa photo, de son logo ou de son nom.

Mais au fil de la journée, l’affluence a diminué et à la mi-journée, certains bureaux étaient presque vides. Un problème s’est posé dans chaque centre de vote ou presque : des personnes perdues qui n’avaient pas retiré leur carte d’électeur et qui ne connaissaient pas leur numéro de bureau, celui ayant changé récemment suite à une mise à jour des listes électorales. « Moi je voulais voter mais je n’ai pas pu : le bureau où j’ai voté pour les municipales n’est pas mon nouveau bureau ». Seul recours, une connexion internet pour se rendre sur le site de la CENI et trouver son bureau en tapant son numéro de carte d’identité, connexion très difficile à trouver pour la plupart des gens.

Le FNDU se dit satisfait

Beaucoup se découragent ce qui donne raison à ceux qui avaient appelé au boycott. «Moi je ne vote pas. Je suis parmi les gens qui ont boycotté. On l’avait dit dès le début qu’il n’y aurait pas de transparence » déclare ce passant. L’appel au boycott a-t-il pesé sur le scrutin ? Evidement assure le FNDU, le Forum national pour la démocratie et l’unité, la coalition qui a refusé de participer à l’élection. « Le boycott a été largement suivi. Voilà la réalité !assurait Kane Amidou Baba, président du MPR le mouvement pour la refondation, un des partis du FNDU. Je pense qu’il vous est loisible de constater que Nouakchott a des allures de ville morte et des bureaux témoins nous ont permis d’évaluer au plus près la réalité de la situation à Nouakchott. A l’intérieur, Atar, Zouerate ou encore Chinguetti… il y a eu un très faible taux de participation. Il est évident que le président-candidat ou le candidat-président… [qui] avait appelé les Mauritaniens à voter à 100%, aujourd’hui doit revoir ses comptes, doit revoir ses calculs, et savoir que les Mauritaniens ont dit 'non' à cette mascarade électorale ».

Abdel Aziz se dit confiant

Le chef de l’état sortant s’est lui, au contraire, montré confiant , déclarant lorsqu’il est allé voter à 8h ce matin qu’il n’avait pas peur de l’abstention et qu’il comptait bien passer au premier tour. « Je ne crains pas une forte abstention, déclarait Mohamed ould Abdel Aziz au micro de RFI.Au vu de la campagne, au vu de l’engagement des Mauritaniens, au vu de l’intérêt des gens pour les meetings que nous avons faits, certes quelques partis politiques ont prôné le boycott mais les résultats sont là : s’ils ont lancé un appel pour le boycott, il n’a pas été suivi et entendu. En Mauritanie, on a plus de 85 % (de participation) lors des législatives et des municipales alors que dans certains pays voisins le taux n’atteint pas 47 ou 48 % »

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Dimanche 22 Juin 2014 - 09:46



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