Présidentielle en Tunisie: le camp de BCE revendique la victoire

En Tunisie, les résultats officiels de l’élection présidentielle sont attendus au plus tôt lundi. Mais le parti Nidaa Tounes annonce déjà la victoire de son candidat Beji Caïd Essebsi, BCE, sans préciser avec combien de points d'écart par rapport à son rival, le sortant Moncef Marzouki.



Beji Caïd Essebsi après avoir été voté à Tunis, le 21 décembre. REUTERS/Anis Mili
Beji Caïd Essebsi après avoir été voté à Tunis, le 21 décembre. REUTERS/Anis Mili

A peine les bureaux fermés à 18h, le directeur de campagne de Beji Caïd Essebsi, Mohsen Marzouk, a donné une conférence de presse pour expliquer que selon leurs propres sondages de sortie des urnes, le candidat du parti Nidaa Tounes était gagnant. Il avance un écart net, sans plus de précisions pour l’instant. « Selon les indicateurs dont on dispose, monsieur Beji Caïd Essebsi  est vainqueur de l’élection présidentielle. Je crois qu’il y a un écart assez clair et net. Nous remercions bien sûr notre concurrent, le candidat Moncef Marzouki, parce que pour qu’il y ait une démocratie, il faut qu’il y ait deux [candidats] », a-t-il déclaré.

Appel à l'unité nationale

Mohsen Marzouk annonce déjà la reprise prochaine du travail, avec pour priorité le développement économique et social, et appelle les partisans de BCE à appréhender ces résultats avec modestie. Il appelle aussi à l’unité nationale promettant de tendre la main à tous les acteurs politiques. « Chacun doit maintenant reprendre ses esprits et comprendre qu’il faut prendre ces résultats avec beaucoup de modestie, parce que ce qui nous attend en matière de développement, en matière de construction économique et sociale est très important,rappelle le directeur de campagne. Il est donc très important que l’unité nationale soit recomposée et reconstituée, à l’instar de ce qui s’est passé après les élections législatives. Nous tendons la main à tous les acteurs politiques tunisiens. Nous sommes des Tunisiens et nous avons les mêmes défis. J’espère que d’ici deux jours, chacun se remettra au travail. Ces élections ne sont qu’un outil. L’objectif est d’assurer le sort économique et social du pays. »

Il n’y a donc pas de résultats officiels pour l’instant, mais dès cette annonce du parti Nidaa Tounes, des drapeaux ont été lancés dans les airs avec d’un côté la photo de BCE et de l’autre le drapeau tunisien, sous les slogans « Beji président ». Les klaxons ne s’arrêtent plus, couverts parfois par des feux d’artifice, des youyous et des applaudissements. Ces applaudissements retentissent de plus belle lorsque la foule se moque du président sortant avec une pancarte « pantin ». C’est le surnom malheureux de Moncef Marzouki.

Le camp Marzouki évoque des fraudes

Ce cri de victoire avant l’annonce officielle des résultats ne passe pas dans l’autre camp. Adel Selmi, porte-parole de Moncef Marzouki, dit avoir un « sentiment de forçage ». Il met en doute « le professionnalisme » et la « crédibilité » des sondages effectués par l'équipe adverse, et « une opinion tunisienne pas assez structurée » pour avoir des résultats fiables. Le camp du président parle d’un écart très serré de quelques milliers de voix et dit vouloir attendre les résultats officiels avant de s'avouer vaincu. En Tunisie, les sondages privés étaient interdits durant la campagne et les élections.

Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Pourtant, samedi, un groupe armé a tenté d'attaquer une école à environ 150 kilomètres au sud de Tunis où se trouvait du matériel électoral. Un assaillant a été tué, trois autres arrêtés. Des menaces vidéos de jihadistes qui se revendiquent de Daesh ont aussi été proférées contre ce scrutin. Le gouvernement a jugé que c'était un message de désespérés qui n'ont pas réussi sur le terrain. 

Ce scrutin n’a pas mobilisé les foules : à peine 56 % de participation  selon l’ISIE, l’instance électorale à la clôture des bureaux. Un chiffre en légère baisse par rapport au premier tour. Mais d'après les observateurs indépendants, le vote s’est bien déroulé, comme pour les législatives en octobre et le premier tour de cette présidentielle. Si les observateurs ne relèvent pas d’irrégularités majeures, l’entourage de Moncef Marzouki évoque lui des fraudes qui auraient été constatées dans certains bureaux par ses propres observateurs. « On a constaté des abus : achat de voix, violences, orientation des gens... Tout ça est documenté », assure Adel Selmi. Des réclamations ont donc été envoyées à l’instance électorale et ce sera à elle de trancher. Elle devrait annoncer les résultats officiels et définitifs au plus tôt lundi soir et au plus tard mercredi.


Rfi.fr

Lundi 22 Décembre 2014 - 08:16



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