Procès Hissein Habré: le silence de l’accusé suspend l'audience



A 08 heures ce mardi matin, l’ancien président Tchadien était dans la salle d’audience. De blanc vêtu et enturbanné, l’accusé était entouré des Eléments Polyvalent d’Intervention (EPI). Préciser toutefois que contrairement à l’ouverture du procès hier, l’audience d’aujourd’hui n’a pas drainé beaucoup de monde. Acquis à la cause de leur ancien président, des étudiants Tchadiens sont aux premières loges dans la rangée du milieu. L’audience est ouverte à 09h27 après l’entrée (09h24) du Parquet général sous la houlette du Procureur Mbacké Fall et du président des Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) et ses deux assesseurs.


D’emblée, le président Gberdao Gustave KAM réclame l’accusé à la barre. Ce dernier qui ne bouge pas de son fauteuil, ne réagit pas. Le juge demande si la défense de l’accusé est représentée. La question reste une nouvelle fois sans réponse. « Nous n’en voyons pas », dit le président des CAE. A peine commencée, la séance sera aussitôt suspendue « à l’effet de désigner un avocat pour défendre les intérêts d’Hissein Habré», selon les propres termes du président.
 

L’audience reprend à 09h48, trois avocats sont désignés pour la défense de l’ex-homme fort de Ndjaména à savoir Mes Mbaye Séne, Mounir Bellal et Abdou Gningue. Derniers qui sont «invités à rejoindre la chambre à l’effet de discuter ». La séance une fois de plus suspendue, le huis clos se termine à 10h30 et c’est l’entrée dans la salle de ces trois avocats. La Cour de retour à 10h34, la sentence ne tarde pas. A la requête des avocats commis d’office, il leur est accordé un délai de 45 jours pour leur permettre de s’imprégner du dossier. L’audience reprendra donc le 7 septembre. Face aux observations des avocats de la partie civile qui soulèvent la difficulté selon lesquelles l’accusé peut se présenter dans 45 jours et dire qu’il ne veut pas des avocats désignés.


Selon ladite partie, il convient dès maintenant de demander à l’ancien président s’il entend les récuser. «Je partage le souci des parties civiles», campe le Procureur général, Mbacké Fall de préciser toutefois qu’ «on ne peut pas demander à Hissein Habré son avis » car il n’appartient à ce dernier de «récuser ces avocats» qui ont été désignés non pas dans l’intérêt d’Hissein Habré mais «pour l’intérêt de la Justice». Le Procureur général met en exergue le fait que la conduite d’une audience est régie par le Code de procédure pénale qui impose la présence d’un avocat aux côtés de l’accusé.

 
« Il n’est pas de mon devoir de justifier la décision prise par la chambre sur les délais impartis aux avocats désignés », sert le président KAM déclinant qu’ «à l’impossible nul n’est tenue et que « les avocats constitués ont besoin de temps…». Face à la récusation ou non des avocats désignés par Hissein Habré, le président des CAE tranche que «les avocats désignés connaissent leurs charges» et qu’ «ils devront sauvegarder les intérêts d’Hissein Habré contre son gré». Se levant de lui même, Hissein Habré quitte la salle sous les applaudissements de ses proches et étudiants Tchadiens. 


Convoqués ce mardi, les témoins Oumar Sangaré, Mamadou Oumar Ndiaye, Mamadou Ndiaye Sow et Yakara Gassama Diop sont ainsi priés de "reprendre la tâche avec la chambre pour de nouvelles citations". 


Mardi 21 Juillet 2015 - 15:33



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