Procès Karim Wade : Quand les avocats de l’Etat et de la défense s’unissent pour sauver Bachir Diawara



Procès Karim Wade : Quand les avocats de l’Etat et de la défense s’unissent pour sauver Bachir Diawara
Les joueurs de trouble-fête sont avertis. La cour de Répression de l’enrichissement illicite (Crei) vient d’accorder à Bachir Diawara la fin de poursuite car l’audience était déjà suspendue au moment des faits.  Ce jugement pour le délit de trouble d’audience a pris toute la journée du jeudi 06 novembre dans le cadre du procès de Karim Wade. « La Cour tient à vous avertir que quand les gendarmes vous interpellent vous n’avez pas à poser des questions. A l’endroit du public, ce n’est pas dans la salle d’audience qu’il faut manifester » renseigne le président de la Cour, il a fini par présenter ses félicitations aux forces de l’ordre.


Dès le premier jour, il y avait Moïse Rampino qui avait troublé l’audience. Par deux fois, il y a eu d’autres troubles d’audiences. Malgré tout cela vous n’aviez pas fait usage des prérogatives qui vous sont données Monsieur le président. Ainsi à la fin de chaque audience, on ne compte même plus les tumultes, parfois y avait même des insultes. Au vu de cette situation, le parquet spécial représenté par le substitut du procureur Antoine Dione a recueilli que la Cour déclare M. Diawara coupable et qu’il soit condamné d’une peine d’emprisonnement de 6 mois fermes.


Faisant sa plaidoirie, Me Souleymane Ndéné Ndiaye a reconnu qu’il est inadmissible que la Cour soit assimilable à un marché. Mais il est nécessaire que les choses soient ramenées à leurs justes proportions. Ainsi, a-t-il tenté de jeter le discrédit sur la version des deux gendarmes, « qui sont contradictoires » dit-il.
Selon Me Souleymane Ndéné Ndiaye, Bachir Diawara ne peut pas être sous le coup de l’article  390 du code de procédure pénal qui dispose, « Lorsque, à l’audience, l’un des assistants trouble l’ordre de quelque manière que ce soit, le président ordonne son expulsion de la salle d’audience. Si, au cours de l’exécution de cette mesure, il résiste à cet ordre ou cause du tumulte, il est sur-le-champ placé sous mandat de dépôt, jugé et puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans, sans préjudice des peines portées au Code pénal contre les auteurs d’outrages et de violences envers les magistrats. Sur l’ordre du président, il est alors contraint par la force publique de quitter l’audience ».

Ainsi, demande t-il la relâche pure et simple de l’ancien chef de cabinet de Karim Wade. Selon Me Abdou Dialy Kane, il n’y avait même pas de trouble d’audience car les conditions de l’article 390 du Code de procédure pénale ne sont pas réunies. « Les gendarmes étaient en train de chercher le malheureux qu’il faut prendre. La vérité est que ce procès est fait à Bachir Diawara pour servir l’exemple. Ce qui est la pire des justices », plaide Me Kane. C’est la même position qu’a adopté Me Ciré Clédor Ly qui a demandé le renvoi des poursuites.


Le bâtonnier Moussa Felix Sow qui représente les intérêts de l’État dans le procès Karim Wade a été le dernier à prendre la parole pour plaider en faveur de Bachir Diawara. Selon lui, ce procès lui donne l’occasion de s’adresser au public. « Je comprends le courroux de la Cour. Dans l’enceinte de la salle d’audience le public n’a pas le droit de manifester. Mais, il ne faut pas condamner quelqu'un dont on n’est pas sûr de la culpabilité. Honnêtement, je ne pense pas que M. Diawara se trouve dans l’intervalle du trouble d’audience ».

D’ailleurs, les gendarmes constatent des infractions, on ne peut pas les entendre comme témoins, hors c’est ce que la Cour a fait, renseigne Me Félix Sow. « Il ne faut pas qu’on juge M. Diawara pour l’exemple », plaidera-t-il par ailleurs. Bachir Diawara échappe donc à la prison. 
 


Jeudi 6 Novembre 2014 - 20:00



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