Procès Sanogo au Mali: «J'attendais ce jour», dit le chef de l'ex-junte

C’est finalement dans une salle de spectacle que s’est ouvert le procès d’Amadou Haya Sanogo ce 30 novembre au matin au Mali. Le tribunal de Sikasso, à 380 kilomètres environ au sud de Bamako, était trop petit. Amadou Haya Sanogo est devant ses juges après une longue procédure et de multiples rebondissements. L'ancien chef de la junte, qui avait pris le pouvoir en 2012, qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré, comme 17 autres co-accusés, il est poursuivi dans l'affaire des « Bérets rouges », ces soldats fidèles à l'ex chef de l'Etat qui avaient tenté un « contrecoup d'Etat ». Les corps d'une vingtaine d'entre eux ont été retrouvés dans un charnier. Le procès à peine ouvert, on a assisté à une passe d’armes entre le juge et l’accusé.



 « Amadou Haya Sanogo », lance le président du tribunal. « Présent », répond l’intéressé... Alors Amadou Haya Sanogo avance à la barre. On voit d’abord son costume kaki, clair, chemise blanche, cravate. Ensuite on constate qu’il a un peu maigri, mais le regard d’Amadou Haya Sanogo est toujours vif.
 
« Je suis le général »
 
Il se présente : « Je suis le général de corps Amadou Haya Sanogo, l’ancien chef d’Etat du Mali ». Une partie de la salle applaudit, mais le procureur général bondit : « Vous n’êtes pas ici en tant que général. Dans l’arrêt de renvoi, vous êtes un citoyen malien et vous avez commis des crimes ». Un avocat de la défense prend la parole. Il réaffirme que Sanogo est bien général.
 
« On doit le juger »
 
Là, l’objectif de la défense est clair : il s'agit de démontrer que le tribunal ne peut pas juger Haya Sanogo alors que le ministère public, de son côté, tape du point sur la table et dit, « on doit le juger avec ses autres co-accusés ». En ce mercredi 30 novembre à la mi-journée, on est donc en train de faire l’audition des accusés.
 
L'accès à la salle du procès se fait après une fouille, sous une sécurité renforcée autour du bâtiment avec la présence notamment de policiers et de la garde nationale, une unité de l'armée. « Le procès mettra le temps qu'il faut pour la manifestation de la vérité », a déclaré le procureur général, Mamadou Lamine Coulibaly, au début de l'audience.

Rfi.fr

Mercredi 30 Novembre 2016 - 13:53



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