Procès Simbikangwa: des témoignages à charge bien fragiles

Le procès de Pascal Simbikangwa, jugé pour complicité dans le génocide de 1994, se poursuit devant la cour d’assises de Paris. Ce jeudi 20 février, la cour a entendu les premiers témoignages à charge. Des témoignages qui paraissent bien fragiles.



À la cour d’assises de Paris, l’accusation commence à avoir des sueurs froides. Alors que la cour commence à entendre les témoignages à charge, certains d’entre eux laissent perplexe. Ce jeudi, un témoin affirme que Pascal Simbikangwa a joué un rôle actif dans le génocide de 1994. Problème : ce témoin dit tout et son contraire. Avant de conclure benoîtement : « Je ne pense pas que je me trompe gravement ».

Pour la défense de l’accusé, c’est du véritable pain béni. « Il y a un problème de crédibilité puisque quand vous entendez des témoins comme ceux de cet après-midi, vous vous rendez compte qu’ils sont capables dans le même interrogatoire de dire deux choses différentes et de considérer que c’est la même chose », dénonce ainsi Fabrice Epstein.

« La défense le disait depuis longtemps. On s’en est rendu compte pendant l’instruction, on s’en est rendu compte dans le cadre des confrontations et on s’en rend compte de manière criante devant la cour d’assises, clame encore l’avocat de Pascal Simbikangwa. Il y a aujourd’hui des témoins – et il y en aura d’autres – qui ne sont pas extrêmement crédibles, voire pas du tout crédibles. Et cela vient mettre un doute quant à la légitimité du renvoi de Pascal Simbikangwa devant la cour d’assises. »

Dans ce procès sans victime, des témoignages plus solides seront donc nécessaires pour rentrer en voie de condamnation, car aux assises, le doute doit toujours bénéficier à l’accusé.


RFI

Vendredi 21 Février 2014 - 09:51



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