Procès de Barthélémy Dias et Cie: «Déclarer Barthélémy Dias coupable serait …», Me Khoureychi BA



Défendant les intérêts de Barthélémy Dias, Habib Dieng (agent de sécurité à la mairie de Mermoz – Sacré Cœur) et Baboucar Faye (agent municipal à la mairie de Grand-Dakar), Me Aïssata Tall Sall parle de «translation» faite par le Procureur.

«Le Procureur commence par une translation en disant que Malick Thiombane aurait été blessé par le même type de balle que celle qui a tué Ndiaga Diouf. Il ajoute que c’est Barthélémy qui a reconnu avoir tiré au postérieur de Malick Thiombane. Donc, par translation, c’est Barthélémy qui a tué Ndiaga Diouf. Voilà la thèse très implicite comme de petites mathématiques d’écoliers», entame-t-elle.  

Avant de s’indigner : «Est-ce que nous devons accepter cela dans un procès sérieux ? On va envoyer quelqu’un dix (10) ans à la potence. Barthélémy l’a dit et répété : «Quand j’ai tiré, j’ai pensé avoir atteint quelqu’un au postérieur parce qu’il se tenait le postérieur». Est-ce que c’est Malick Thiombane ?».
 
«Est-ce qu’il n’y a pas un autre blessé au postérieur ? Parce que vous remarquerez et ça, c’est extrêmement important Monsieur le président, il y a trois (3) blessés dans cette affaire, jamais ces blessés ne comparaissent. Tous les mandats d’arrêt que vous avez, Bocar SY, Cheikh Diop, Malick Thiombane, ils ont tous fui. Qui les a fait partir ? Voilà des blessés qui auraient dû être à la barre, demander un dédommagement; ces gens-là comme par miracle sont partis, on nous dit même qu’ils seraient en Espagne. Qui leur a donné le visa ? On sait. Il ne faut pas qu’on nous fasse parler»,  fulmine la robe noire.

Selon elle, «un autre problème dans cette affaire, c’est qu’on a tout fait pour que l’enquête charge Barthélémy Dias, une enquête partiale».

«Jugeons Barthélémy Dias pour ce qu’il a fait et non pour ce que ce régime veut», demande Me Aïssata Tall Sall.

Un peu plus tôt, à la suite de Me Demba Ciré Bathily, Me Cheikh Khoureychi BA a ajouté «quelques observations». Récusant «la posture du Parquet», la robe noire indique que «pour l’histoire, cela pose problème».

Le Procureur général étant «l’autorité chargé de veiller au respect du droit pénal», selon les propres termes du Conseil de Barthélémy Dias, «on s’attendait que pour le principe parce que c’est une Institution de l’Etat (mairie) qui a été attaquée … Mais en fin de compte, on requiert dix (10) ans contre un maire».

«Tout Baobab sait ce qui s’est passé, mêmes les chats, les oiseaux, le savent). Les gens sont frustrés parce qu’on a parlé d’un calibre 38. Il y a eu des tirs nourris. Une seule arme n’a pas tiré. Tout le monde se dit si Barthélémy Dias n’avait pas d’armes ce jour-là ou s’il était un poltron… ?», soutient-il.

«Ce gars-là que je défends, c’est mon fils, son père est un ami. Sa mère se bat pour que son fils quitte l’arène politique. Ce garçon ne pense même pas à sa défense. Il laisse tout entre les mains de Dieu. Sa maman a été opérée du cœur, il n’y a pas longtemps. C’est comme ça qu’on tue des gens … », clame-t-il en plaidant la «théorie du complot».

Et de prévenir en s’adressant aux juges: «Si le mot coupable est prononcé ici, vous serez attaqué dans vos bureaux».

«Je reprendrais ma tunique de politicien pour aller à l’assaut du pouvoir parce que ce sont des choses qu’on ne doit pas laisser passer», martèle Me Cheikh Khoureychi BA.

En réponse, le juge déclare qu’«il y a quelques jours des soldats Sénégalais se sont rendus en Gambie. Ils font leur travail. Nous sommes des juges, si on doit nous tuer pour avoir jugé, on est prêt à mourir. Nous sommes là pour faire notre travail».

Verdict le 16 février 2017. 


Vendredi 27 Janvier 2017 - 00:40



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