Procès de Karim : Et la défense finit par « agacer » le Procureur spécial, Alioune Ndao

La défense de Karim et ses co-prévenus s’adressant au Président de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI), Henry Grégoire Diop, disaient à propos des nullités qu’ils soulèvent: « Loin de nous de vous agacer M. le Président mais il s’agit de questions fondamentales, faire respecter les droits essentiels de nos clients ». Toutefois, c’est le Procureur spécial, Alioune Ndao qui est sorti de ses gonds. Me Baboucar Cissé, avocat de Bibo Bourgi est passé par là.



Jusque-là, il s’était contenté d’en rire ou d’échanger avec son substitut, Antoine Félix Diome mais cette fois-ci, Alioune Ndao s’est mis en colère. A la barre, Me Baboucar Cissé, avocat de Bibo Bourgi, indique que Monaco a eu à se plaindre de l’usage qu’il a eu à faire des informations données sur les fameux comptes en banque dans le cadre d’une coopération d’entre-aide. Et que la Principauté n’a pas aimé retrouver les informations dans la presse sénégalaise et étrangère disant que des commissions rogatoires ont été envoyées dans ce pays dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis contre Karim Wade et ses présumés complices.
 

La réaction du Procureur spécial près de la CREI, ne tarde pas. « C’est faux », dit Alioune Ndao qui sera par ailleurs invité par le juge Henry Grégoire Diop à se calmer. Brouhaha dans la salle, le public appuie Me Baboucar Cissé. Auparavant, Me Madické Niang était monté au créneau. Et ironisant sur les conclusions du Substitut du Procureur spécial qui parlait de « véritable ingénierie financière » dont Karim Wade se serait rendu coupable pour réussir son coup, l’ancien ministre des Affaires étrangères parle de « véritable ingénierie juridique imparfaite et mal faite » à l’actif du parquet spécial. Après lui, Me Nicholas Cassart, conseil de Wade-fils, dit pour sa part que c’est tout simplement «abracadabrantesque», faisant références aux réquisitoires du parquet spécial et de la partie civile à qui il ne manquera pas de préciser qu’il n’est pas question de passer outre les exceptions de nullités. Car il s’agit de « ne pas sacrifier les droits essentiels de son client sur le terrain de la rentabilité ».


«On se moque de vous », dira-t-il par ailleurs au juge Henry Grégoire Diop. En ce sens que poursuit la robe noire : « la CREI réécrit le droit ». Cette dernière martèle Me Cassart n’est forte que dans « l’art du contournement de la difficulté, de bidouillage pour ne pas respecter les délais». Plaidant pour Pape Mamadou Pouye dans les liens de la détention depuis le 17 avril dernier, Me Moustapha Ndoye semble dire « ça suffit ». « Le fait de posséder des actions dans une société ne peut en rien constituer un délit. Ce ne sont pas des motifs de poursuites », sert l’avocat qui faisant référence  au « prête-nom », lance que son client « n’est ni un porteur de valises, encore moins de serviettes de quiconque. En tant que privé, il a le droit d’avoir des actions dans une société et que le quolibet de « prête-nom » ne peut pas servir de bases à des poursuites ». Et là, les conseils de la partie civile d’en prendre pour leur grade, assimiler qu’ils sont « aux avocats de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY, mouvance présidentielle).
 

Après que Me Ibrahim Diop a défini droits de la défense à savoir un « ensemble de prérogatives accordées à une personne pour assurer la protection de ses droits et intérêts tout au long du procès », Me Borso Pouye revient à la charge, pour signifier que deux (2) hypothèses peuvent expliquer l’attitude de la partie civile pressés d’en venir « aux fonds ». Soit, on pense que les nullités peuvent prospérer, soit on présume de la décision qui sera rendue. Dans tous les cas, ce n’est pas clair », affirme cette dernière qui continue à récuser la constitution de partie civile de l’Etat du Sénégal qu’elle qualifie d’ «insolite » et qui « heurte la morale ».

 
Selon son avocat, Me Abdou Dialy Kane, « c’est Pierre Agbogba qui aura payé le plus lourd tribu » dans l’affaire. « Il y a des gens qui pensent que nous sommes là pour jouer », tonne le conseil qui indique que c’est loin d’être un jeu ou du moins « un jeu utile » car « nous allons vous dire que ce dossier contient le contraire du droit ». Ce, avant de revenir sur les délais de six (6) mois de l’instruction pour asséner : « C’est une question fondamentale. Le délai, c’est l’essence de la procédure, la sécurité juridique, ôter les questions de délais, il ne restera plus rien. On ne pouvait pas dépasser les délais de six (6) mois. Malgré tout, le parquet spécial est passé outre ».

 
Pour dire donc que le procès dit du siècle, continue de battre aux rythmes des « nullités » que la défense du célèbre détenu de la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss n’entend pas bâcler. Répliquant aux plaidoiries de la partie adverse qui parle de « perte de temps, on tourne en rond », la défense aura la parole demain mercredi. Me Seydou Diagne, conseil de Karim, ouvrira les débats à 10 heures. 


Mardi 26 Août 2014 - 23:31



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