Procès de Karim-Victor Tendeng : la CREI et son « encombrant » témoin



Procès de Karim-Victor Tendeng : la CREI et son « encombrant » témoin
D’emblée l’homme se présente comme le « chauffeur-assistant du prisonnier politique, Karim Meïssa Wade ». « Limitez-vous à répondre aux questions et pas de commentaires », prévient Henry Grégoire Diop, président de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI). Lorsque les questions reviennent sans cesse sur les remises de fonds entre le Président sortant Wade et son fils, Karim alors conseiller spécial, dont celle qui l’a le plus «impressionnée » concernait dix (10) millions de F CFA, Victor Tendeng sert : « Ecoutez bien ce que je dis ».  


Victor Tendeng à la Cour : « Ecoutez bien ce que je dis »
Ce qu’il ne fallait pas dire car la remontrance ne se fait pas attendre. « Mais qu’est-ce que c’est que ça. La prochaine fois que vous ferez de commentaires, vous allez voir ». Dixit le juge Henry Grégoire Diop à Victor Tendeng qui va pourtant remettre ça. Le « succulent couscous », ne passera pas. Tout est parti d’une question de Me Seydou Diagne.  « Pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé dans cette journée où les juges vous ont convoqué pour une confrontation avec Cheikh Diallo », demande le défenseur de Wade-fils. «Ce jour-là, j’ai été convoqué à 12 heures, à 11h45, j’étais là-bas », explique le témoin qui précise que Cheikh Diallo l’avait précédé et que l’ancien conseiller en communication de Karim « était dans le bureau du Président de la Commission d’Instruction (CI) de la CREI ». Et que vers les coups de 14 heures, il lui a été notifié qu’on ne jugeait plus opportun de le confronter.

 
« Cheikh Diallo a servi un couscous si succulent que…»
Victor Tendeng de dire n’avoir pas posé de question et d’être tout simplement reparti et que depuis ce jour, il n’a pas été rappelé. Sans doute, déclare le témoin à la barre : «Cheikh Diallo a servi un couscous si succulent qu’ils ne voulaient pas que je mette du sable ».  « Préciser votre pensée », réagira le Président Henry Grégoire Diop. « C’est ce que je ne comprends pas, pourquoi la confrontation n’a pas eu lieu », réplique Victor Tendeng. « C’est une accusation très grave que vous faites là », répète la juge. « Ils ne voulaient pas que je dise autre chose que Cheikh Diallo », persiste le témoin.


« La Cour intimide le témoin », Me Seydou Diagne
La défense de Karim s’en mêle.  « La Cour doit cesser d’intimider ce témoin », crie Me Seydou Diagne qui tempête : « Pour un oui, pour un non, la Cour s’énerve ». L’avocat ne comprend pas que la Cour ne note tout simplement pas « le lapsus » pour qu’il puisse satisfaire son « droit d’interroger le témoin ». Me Seydou Diagne d’inviter par ailleurs la Cour à noter que « les avocats de la partie civile se sont comportés vis-à-vis du témoin comme s’il était un prévenu ».

 
« Ce n’est pas ton problème », partie civile
« Ce n’est pas ton problème, on l’interroge comme on veut », tonne Me Ali Fall de la partie adverse. Le ton monte. La Cour tempère. « Bon, on continue », tranche la Cour. La disposition peut ainsi continuer. Mais Victor ne varie pas dans ses déclarations. «Je n’accuse pas la CI. Je dis tout simplement que Cheikh Diallo a dit une chose et qu’ils n’ont pas voulu entendre autre chose ».
 

«A l’ANOCI,  Cheikh Diallo annonçait à tous qu’il avait créé un journal », chauffeur-assistant de Karim
Le témoin dit avoir été convoqué sur des déclarations de Cheikh Diallo qui affirme avoir signé les papiers de CD Média Groupe à l’étude de Patricia Lake Diop. Ce qui est une contre-vérité, précise-t-il en martelant que «dans les couloirs de l’ANOCI (Agence Nationale pour l’Organisation de la Conférence islamique), le conseiller en communication de Karim, Cheikh Diallo annonçait à qui veut l’entendre qu’il avait créé un journal ». Victor Tendeng, à la question de savoir : « Est-ce que Bibo Bourgi, Pape mamadou Pouye, Pierre Agboba vous ont remis de l’argent pour le verser dans le compte de Karim Wade, répond : «Jamais, jamais ».


«Je ne vais pas déclarer que Karim ne m’a jamais rien donné »
Refusant de parler de son salaire, le chauffeur –assistant de Wade-fils de 2002 à nos jours, d’affirmer que : «naturellement, je ne vais pas vous déclarer ici que Karim ne m’a jamais rien donné. C’est naturel. J’ai une bonne à la maison, quand elle rentre à la maison, il m’arrive de lui donner de l’argent pour le taxi ». Et là-dessus, Tendeng de préciser : «Il ne me payait jamais par chèques ».

 
Revenant à la charge, le parquet spécial de solliciter des précisions de Victor Tendeng. « Ce matin, vous avez expliqué que Karim vous avez indiqué où se trouvait l’argent (le placard) et qu’il vous appelait pour faire des versements. A quelle fréquence les versements se faisaient. De façon successive ou d’un seul coup ? ». « Non pas d’un seul coup », sert le témoin.  Précisions de Me  Seydou Diagne : « Savez-vous que le solde du compte CBAO de Karim au mois de juillet 2014 est de 4 millions et qu’à la SGBS, le 13 août 2014, Karim devait un million». Mieux, en ce qui concerne les remises de fonds, plaide la défense de Karim, ce dernier ne peut être que le mandataire de son père et que ces fonds n'étaient destinés que pour les dépenses de la maison. 


Me Patricia Lake, prochaine sur la liste
Sur ces entrefaites, le Président Henry Grégoire Diop d’inviter le témoin à «rester à la disposition de la Cour pour d’éventuelles confrontations ». La prochaine sur la liste n’est autre que Me Patricia Lake Diop car tout le témoin de ce jeudi, la notaire a été appelée par la Cour avant qu'elle ne rejoigne la salle des témoins. Ça promet à partir du 13 octobre. 


Vendredi 26 Septembre 2014 - 06:00



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