Procès de Karim : la Cour accélère la cadence



Le président Henry Grégoire Diop et les magistrats en charge de juger Wade-fils et ses co-prévenus dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis ont fait leur, le slogan de l’ancien Premier ministre, Amanita Touré : «On accélère la cadence ». Dans la seule journée d’hier pas moins de trois (3) témoins ont été entendus. Tahibou Ndiaye, Sidy Mohamed Diakhaté et Allé Sine. Le début de l’audience initialement fixée à 10 heures est avancé à 09 heures jusqu’à 13 heures pour la pause. Avant la reprise à 14 h 30 pour 18 heures. Un horaire est à l’étude à savoir de 10 heures à 16 heures sans pause, que propose la défense de Wade-fils qui est pour une fois renforcée par la partie civile.

 
Alors que c’était Bara Tall, le patron de Jeanlefèvre qui était attendu, l’ancien Directeur du Cadastre de se présenter à la barre. Cité dans l’affaire des 47 milliards de Singapour, Tahibou Ndiaye de se laver à grande eau, blanchissant au passage Wade-fils. « C’est du chinois pour moi, j’aimerai bien que Karim me donne des milliards mais nous n’avons pas cette relation. Je ne sais pas d’où ils viennent», charge le premier témoin de ce lundi. Ce dernier est remercié dès la reprise de l’audience à 14h30, Sidy Mohamed Diakhaté est invité à la barre. Le directeur des Domaines se présente vers les coups de 15 heures. Avec lui, il sera beaucoup question d’Istar Immobilier et la société Dahlia.


La Cour, le parquet spécial, la partie civile et la défense en finiront avec le témoin en moins de deux (2) heures de temps. Arrive alors Allé Sine, inspecteur des Domaines, qui est convoqué peu avant 17 heures. Témoin qui reviendra par ailleurs ce mardi matin. Déjà auditionné par la Cour et le parquet spécial, il est question du procédé d’échange avec le sieur Abdou Mody Ndiaye et l'Etat du Sénégal, programmé à la commission de contrôle domaniale. Ce dernier était propriétaire de l’immeuble qui abritait les services des impôts et domaines de Rufisque. Sur ce point, il a eu désaccord entre Allé Ndiaye et Tahibou Ndiaye, relève le Substitut du Procureur spécial, Antoine Félix Diome.


«Dans le cadre de la procédure d’échange, y a- t-il eu une évaluation faite par les services du Cadastre ? », pose ce dernier. «Oui, il faut obligatoirement la proposition du cadastre pour qu’on sache si c’est un échange égal ou inégal », répond le témoin. Le parquet spécial revient à la charge: « Il y a un de vos collègues (Tahibou Ndiaye) qui ce matin a dit que la procédure est viciée, irrégulière pour défaut d’association, les services du cadastre ne serait pas associé ».  «Je n’ai pas d’appréciation à faire par rapport à cette déclaration. La procédure normale, c’est qu’il faut une appréciation préalable faite toujours par le Cadastre.


Nous avions un rapport fait par les services compétents. Je suis formel. Cette évaluation a été faite, sinon on ne pouvait pas instruire le dossier. Je ne me souviens plus, je n’ai pas eu le temps de le consulter mais nous avions la valeur de l’immeuble d’Abdou Mody Ndiaye et le terrain proposé par l’Etat. ».  Houleuse confrontation donc en vue entre l’ancien Directeur du Cadastre et l’inspecteur des Domaines. Le parquet spécial a déjà annoncé les couleurs en demandant ladite confrontation. Tahibou Ndiaye revient donc ce mardi. 


Mardi 6 Janvier 2015 - 02:00



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