Procès de Pascal Simbikangwa: l'accusé reconnaît le génocide des Tutsis au Rwanda

Troisième jour du procès du Rwandais Pascal Simbikangwa ce vendredi 7 février. L'ex-capitaine est jugé pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. Il est accusé d'avoir incité, organisé et aidé les massacres qui ont fait quelque 800 000 morts entre avril et juillet 1994. A la barre, ce vendredi, le témoignage d'un historien, spécialisé dans l'histoire des génocides.



Dessin représentant l'accusé Pascal Simbikangwa lors de l'audience du 4 février 2014 à Paris. AFP PHOTO / BENOIT PEYRUCQ
Dessin représentant l'accusé Pascal Simbikangwa lors de l'audience du 4 février 2014 à Paris. AFP PHOTO / BENOIT PEYRUCQ

L'historien Stéphane Audouin-Rouzeau a livré à la cour d'assises un exposé d'une grande rigueur scientifique sur l'histoire des génocides. A ses yeux, celui des Tutsis est indéniablement semblable à celui des Arméniens et des Juifs d'Europe. « Un génocide africain avec des racines européennes. Au Rwanda, ajoute-t-il, l'histoire s'est répétée. »

Génocide au Rwanda: un procès pour l'Histoire

Aujourd'hui encore, le feu est sous la cendre car, selon ce chercheur, le négationnisme est bien présent. Il fait intrinsèquement partie de tout génocide. « Les génocidaires, précise-t-il, savent ce qu'ils sont en train de faire. Ils cherchent systématiquement à dissimuler leurs crimes.»

Négationnisme

Alors, le président de la cour d'assises bat le fer pendant qu'il est chaud et interroge aussitôt l'accusé. « Reconnaissez-vous le génocide des Tutsis », lui demande-t-il.

Pascal Simbikangwa confesse : « Oui, ce génocide est réel et incontestable, mais, ajoute-t-il tout aussitôt, il ne peut effacer celui fait par les Tutsis sur les Hutus, et qui est beaucoup plus étendu. »

Chassez le naturel négationniste, il revient au galop. Pascal Simbikangwa n'a pu éviter le piège tendu par le président Leurent.

Eviter de trop en dire

Pascal Simbikangwa est un érudit au français impeccable, qui se targue d’avoir lu Carl von Clausewitz, pour la stratégie militaire, et Jean de La Fontaine, pour la morale de l’histoire. Pascal Simbikangwa est aussi un combattant. L’ancien militaire d’élite au sein de la Garde républicaine du président Habyarimanana se définit comme un meneur d’hommes.

Mais Pascal Simbikangwa est avant tout un homme prudent qui, pour éviter de trop en dire, multiplie les détours. Lorsque les questions de la cour se font trop pressantes, il fait mine de ne pas entendre, ou de ne pas comprendre.

Avec lui une seule chose est limpide : son amour sans limites pour le président Habyarimana. Un chef qu’il vénérait « peut-être trop », a-t-il reconnu. Pour le reste, il ne sait pas grand-chose de ce génocide des Tutsis. « Je vivais dans une bulle à l’écart des événements », dit-il. Ce n’est semble-t-il pas l’avis des génocidaires déjà condamnés par le TPIR, qui soutiennent qu’il a été très actif, au contraire. Leurs témoignages sont attendus dans les tout prochains jours.

Source : Rfi.fr
 



Samedi 8 Février 2014 - 11:44




1.Posté par malijet le 08/02/2014 14:39
Il n'est jamais tard pour rendre justice, mais 20 ans après les faits, ça fait un peu vieux.

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