Procès de Pascal Simbikangwa: un portrait peu flatteur de l’accusé

De nouveaux témoins se sont exprimés, ce lundi 17 février, sur le premier Rwandais poursuivi en France pour crimes liés au génocide, près de 20 ans après ce drame. Décrit comme un homme de l'ombre à la « réputation redoutable », accusé de torture depuis deux semaines, les différents témoignages éclairent sur ce personnage peu connu. Parmi les témoins entendus aujourd'hui, ses deux anciens supérieurs hiérarchiques.



Un avocat intervient devant la presse, en marge du procès de Patrice Simbikangwa, le 4 février à Paris. REUTERS/Charles Platiau
Un avocat intervient devant la presse, en marge du procès de Patrice Simbikangwa, le 4 février à Paris. REUTERS/Charles Platiau

Les deux anciens supérieurs hiérarchiques de Pascal Simbikangwa brossent un portrait très contrasté de l’accusé. Pour Anatole Nsengiyumva, ancien responsable du renseignement militaire et condamné à 15 ans de détention par le tribunal d’Arusha, il n’était qu’un « petit agent pas très brillant qui se contentait de faire des revues de presse pour l’état-major ».

Pour Augustin Iyamuremye au contraire, il était un « homme redoutable, un fonctionnaire zélé, à la réputation sulfureuse ». « Lorsque je suis arrivé au service de renseignement, en 1992, Pascal Simbikangwa avait une réputation de tortionnaire », dit-il. A la demande du Premier ministre, il s’intéresse par conséquent à son dossier. Première surprise : il découvre que Simbikangwa a intégré le renseignement sur ordre du président Habyarimana. Seconde découverte : le procureur général de Kigali s’intéresse aussi aux agissements de cet agent sulfureux soupçonné de censurer les journalistes d’opposition, voire de les torturer.

« Le personnage était effrayant. On voyait qu’il avait été placé à ce poste pour surveiller le service central de renseignement. Il n’a pas hésité à me menacer. Un jour, il m’a même dit : votre régime modéré ne verra jamais le jour », a poursuivi l’ancien chef de Simbikangwa. A la barre, Augustin Iyamuremye confesse qu’il n’a jamais pu s’en débarrasser. « Il (Pascal Simbikangwa) était protégé ; c’était un inconditionnel du président Habyarimana ; un homme intouchable », a encore précisé Augustin Iyamuremye.

Source : Rfi.fr
 



Mardi 18 Février 2014 - 08:59



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