Projet de code de la presse: «C’est fausser le débat que de le poser en terme de dépénalisation», (CDEPS)

L’atelier de partage et d’adoption du projet de code de la presse, s'est ouvert ce jeudi matin à Saly. A l'initiative de la direction de la communication, les travaux vont se poursuivre jusqu'au 24 septembre. Réunissant des professionnels de la presse, des juristes législateurs du code et d'anciens ministres de la communication, entre autres, ces acteurs vont revoir et discuter de certaines points du contenu du projet du code de la presse.



A ce propos, le Secrétaire général du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS), insiste sur le manque de volonté du régime en place. 

«Les professionnels des médias dans leur diversité au Sénégal tout comme l’autorité, l’Etat qui doit incarner certaines continuités, avaient décidé de doter la presse dans son ensemble d'un code juridique pour l’encadrer dans sa façon de faire, d’être, dans son fonctionnement de tous les jours", campe Ibrahima Khalilloulah Ndiaye. 

Le journaliste de souligner que "ce projet de texte soumis aux députés, n’avait pas été voté par l’Assemblée nationale. Il y a eu une nouvelle législature. Et le nouveau Président de la République qui a manifesté plusieurs fois de faire en sorte que le projet puisse être voté à l’Assemblée nationale. Et malheureusement le texte n’a jamais été soumis à l’actuelle législative. Mieux veut tard que jamais. L’initiative a été prise par le ministère de la communication».

Et de rappeler que «le SYNPICS avait rencontré le Président de la République qui avait manifesté sa volonté de faire en sorte que le projet puisse être adopté dans de plus brefs délais. Il s’est trouvé que le ministère a repris le texte pour l’adopter aux réalités actuelles...".

"On est  venu répondre à l’invitation des autorités mais nous regrettons que la documentation n'ait pas été mise à la disposition des participants comme cela devait se faire", déplore-t-il. 
 
Toutefois, le secrétaire général du SYNPICS se dit «dans de bonnes dispositions pour aboutir à un consensus". Et selon lui, "les journalistes ne sont pas là pour dire qu’ils sont des citoyens à part entière. Il faudrait que les gens ramènent les choses à leurs justes proportions. Si les gens avait intégré la question dite de la dépénalisation que certains considèrent comme l’épine dorsale du problème, ce n'était pas simplement une demande Sénégalaise, mais une annonce mondiale».
 
A la tête du Conseil des Diffuseurs et Editeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane trouve, pour sa part, que : «c’est fausser le débat que de le poser en terme de dépénalisation".

"Vous n’êtes pas sans savoir que le projet de code de la presse a été adopté depuis septembre 2010. Nous sommes en septembre 2016, et malheureusement ce projet n’a jamais abouti. Le ministère de la communication a pris l’initiative de proposer une concertation avec les acteurs de la profession, pour voire qu’elles sont les facteurs qui bloquent », indique le président d’Africom (Stades, Sunu Lamb). 

 
Poursuivant son intervention, il fait savoir que «la majorité parlementaire sous le Président Wade et sous le Président Macky Sall, est farouchement opposée à toute dépénalisation du délit de presse".

Selon lui, "aujourd’hui, le gouvernement veut réintroduire l’ancien système pénal avec des mesures privatives de liberté. Pour une partie de l’opinion, le journaliste doit aller en prison un point, c’est tout. C’est cela qui bloquait le projet du code de la presse».
 
Le représentant du patronat de la presse d'évoquer trois (3) axes dans le projet du code de la presse. «Le projet du code de la presse était une révolution en trois (3) axes: le premier axe sur lequel nous nous battons tous, c’est l’accès à la profession. Il faut au Sénégal, l’accès à la profession puisse être réglementée, créer des barrages à l’entrée pour qu’on sache qui est journaliste, qui ne l’est pas. N’importe qui ne peut pas être journaliste. N’importe qui ne peut pas être médecin, architecte", liste-t-il. 

Et de poursuivre: "Le second axe, c’est qu’il n’existait pas dans l’arsenal juridique le concept d’entreprise de presse. Au Sénégal on parlait d’organe de presse, ce qui n’est pas un arsenal juridique, n’est pas une entité économique. Donc il fallait créer le concept d’entreprise de presse et lui donner les moyens. Parce que la presse Sénégalais connait une crise économique sociale extrêmement grave. Il fallait donner un environnement juridique pour créer un environnement favorable de presse. C’est pourquoi ce projet de loi est une révolution en introduisant le concept d’entreprise de presse. La troisième révolution était ce que combat la majorité présidentielle, la dépénalisation. Pour que si un journaliste a fait du mal à un politicien pour qu’il parte en prison. C’est cela la réalité de l’adoption ou de non adoption du projet de code de la presse».

A l'en croire, «le seul problème entre le gouvernement et la presse c’est les sanctions pénales».

Député par ailleurs Président de la Communication et Culture à l’assemblée nationale, Mamadou Cissé se réjouit de la tenue de l’atelier et soutient que cette rencontre émane de l’harmonisation du ministère de la communication mais aussi de l’ensemble des acteurs du secteur. «En tant que parlementaire, on peut se réjouir...Je pense qu'au sortir de l’atelier nous allons trouver un consensus », espère-t-il. 



Jeudi 22 Septembre 2016 - 21:44



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