Prospérité contre Développement



Prospérité contre Développement
" Il ne sert à rien à l'homme de gagner la lune s'il vient à perdre la terre "
François Mauriac



La troisième édition de l’indice de prospérité du Centre de recherche indépendant Legatum à Londres, financé par le Fonds d’investissement de Dubaï, a sorti son classement des pays les plus prospères du monde. Cet indice combine des critères d’ordre économique (macroéconomiques et micro-économiques), d’ordre social (espérance de vie, accès aux soins) et des critères de développement durable (qualité de vie, pollution et respect de l’Environnement). Le peloton de tête de ce classement établi sur 110 pays, donne la Norvège (1ère ), le Danemark (2e) et la Finlande (3e), l'Australie (4e) et la Nouvelle-Zélande (5e), la Suède (6e), le Canada (7e),la Suisse (8e), La première économie mondiale, les Etats-Unis, sont 10e, devançant la deuxième, la Chine (58e), et la troisième, le Japon (18e). La France est classée 19e, derrière quatre de ses voisins européens: le Royaume-Uni (13e), l'Allemagne (15e) et la Belgique (16e). En queue de ce classement, se trouvent des pays pauvres, dont 14 d'Afrique subsaharienne parmi les 20 derniers. Par ailleurs, les pays ayant le plus fort Indice de développement humain (IDH) en 2010 sont par ordre, Islande (1ere), Norvège (2e), Australie (3e), Canada (4e), Irlande (5e), Suède (6e), Suisse (7e), Japon (8e), Pays-Bas (9e), France (10e), selon le dernier classement des Nations –Unies.

Un enseignement de ce classement réside dans le fait que la vie ne se résume pas à une course effrénée à la croissance économique. Ensuite, la prospérité est différente du Développement économique. Enfin, il est évident que le modèle politique et économique anglo-saxon (Economie de marché, Démocratie, Droits de l’Homme) avec en toile de fond, son éthique protestante n’est qu’un modèle de développement économique mais pas un modèle de prospérité économique.
Mais le plus frappant, ce sont trois pays scandinaves (Norvège, Danemark et Finlande) qui occupent le podium des pays les plus prospères au monde. Cela veut dire que les idées défendues par les mouvements et les partis écologiques (les environnementalistes) depuis le rapport « Halte à la croissance (1972) » en passant par celui de Brundtland (1987), ne peuvent plus être ignorées, aussi bien à l’échelle locale, régionale qu’internationale.

Ainsi, le courant écologique et environnementaliste se pose en une véritable alternative des traditionnels clivages politiques Gauche- Droite. Les questions de Développement durable et de Changements climatiques sont désormais, aussi importantes que les autres déterminants macroéconomiques (Finances publiques, activités générales, balance de paiement etc…) et microéconomiques (emploi, consommation, production etc….).

Jusque là, le modèle occidental de développement nous invitait à nous rendre Maître et possesseur de la Nature (Descartes). Cette manifestation de la toute volonté de puissance de l’Homme sur la Nature avait fini par instaurer, des rapports conflictuels de part et d’autres qui ont donné naissance également, à des ripostes de part et d’autre. De sa surexploitation et de la non préservation de sa biodiversité en passant par toutes sortes d’agressions dont elle a été victime depuis des siècles, la Nature a fini par se rebeller en, en fondant ses glaciers, en déversant ses eaux sur la terre ferme et en donnant plus à l’Homme , la quantité de nourritures dont il a besoin pour se maintenir en bonne santé. Le modèle politico-économique de la Scandinavie ( Norvège, Danemark, Finlande, Suède) réconcilie l’Homme à la Nature, en ne s’opposant plus à elle, mais en s’apposant sur elle, dans une interaction viable sur le plan économique, sain sur le plan environnemental, équitable sur le plan social et cohérent sur le plan institutionnel.

Sous un autre angle, ce classement renseigne que l’Economie est au cœur du Débat. Car, après avoir étendu ses tentacules aux Sports (avec tous les enjeux financiers que drainent la Coupe du Monde de Football, les Jeux olympiques, par exemple), à la Culture, , (l’industrie cinématographique américain “Holywood” et indien “Bollywood” ; l’industrie musicale etc…), l’Economie est aujourd’hui, au cœur de l’Environnement, à travers les questions de Développement durable et de Changements climatiques. Et l’Humanité a tout intérêt à protéger l’Environnement afin que la Nature ne soit pas infectée par la Finance spéculative, qui a fini par “financiariser” l’Economie. Et c’est vers cette “financiarisation” de l’Environnement, après « la financiarisation »de l’Economie, que veut nous mener l’idéologie libérale de marché, à travers la Bourse des carbones, le concept de pollueur –payeur, le principe atténuation pour les pays pollueurs contre adaptation pour les pays non –pollueurs. A En lieu et place des énergies propres, les énergies alternatives. Ne «tuons » pas la Nature pour vouloir l’indemniser après. Vivons en harmonie avec elle. Si nous les respectons- la Nature et sa bio-diversité-, elles nous donneront le meilleur d’elles-mêmes.


Mohamadou SY «Siré» / siresy@gmail.com Journaliste-économis

Jeudi 11 Novembre 2010 - 18:55



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