Prostituées au Carlton : "non", DSK ne savait pas



C'est le jour J pour Dominique Strauss-Kahn. Accusé de proxénétisme aggravé dans l'affaire du Carlton de Lille, l'ancien patron du FMI est mardi matin à la barre du tribunal correctionnel de Lille. Le tribunal va devoir déterminer si DSK ignorait ou non que certaines des participantes à ses parties fines entre Paris et Washington étaient des prostituées rémunérées. Il doit notamment être confronté à deux anciennes prostituées.

• LES PERSONNAGES

Cinq personnes doivent être interrogées jusqu'à jeudi.
- Dominique Strauss-Kahn
- David Roquet

- Fabrice Paszkowski

- Jean-Christophe Lagarde

- Virginie Dufour


• LES TEMPS FORTS

    Le souvenir du sourire.

Mounia, l'un des ex-prostituées, partie civile lors de ce procès, raconte sa première rencontre avec DSK. C'était en 2009 ou 2010, elle ne se souvient plus très bien, à l'hôtel Murano, à Paris. La jeune femme se rend à l'hôtel avec Fabrice Paszkowski et David Roquet. Deux autres jeunes femmes sont également présentes. "Je savais avant de partir qui j’allais rencontrer : M. Strauss-Kahn", assure-t-elle. Avant de monter dans une chambre avec DSK, "on prend un verre au bar, pour faire connaissance". Une première jeune femme monte avec Dominique Strauss-Kahn, puis ils redescendent "en peignoir". C'est au tour de Mounia. "Je suis consentante parce que je suis venue dans un but précis", dit-elle.

Mais les choses dérapent : "J’ai montré quelques réticences, pas par des mots mais par des gestes. Je ne voulais pas de cette pratique. J’ai beaucoup pleuré à ce moment là, il s’en est aperçu. Son sourire m’a marqué, du début à à la fin, il avait l’air d’apprécier tout ce qu’il faisait", se souvient-elle. "C’etait un rapport de force. Brutal, mais consenti parce que j’avais besoin de cet argent. DSK était courtois, ils l’ont tous été. Ce n’est que ce passage dans la chambre…"

La précision.

A la barre, Dominique Strauss-Kahn confirme bien son amitié avec Fabrice Paszkowski. Mais c'est surtout sur la fréquence des rencontres libertines qu'il insiste : "Quand on lit l’ordonnance de renvoi, on a l’impression d’une activité frénétique. Or, ce ne sont que quatre rencontres par an, pendant trois ans. On ne peut pas parler d’activité débridée".

Le commissaire.

Jean-Christophe Lagarde, ancien commissaire divisionnaire et chef de la sureté départementale du Nord, dit n’avoir eu aucune raison de se méfier de la "qualité" des femmes qui participaient aux soirées. "Je ne voyais ni l’intérêt ni l’opportunité de ce genre de questions. Le but de ces soirées était de regrouper des gens dans un but précis, si j’avais posé la question, je pense que je me serais fait gifler", assure-t-il. Quant à ses relations avec Dominique Strauss-Kahn, "j’étais flatté de le rencontrer. J’aime l’homme, son intelligence. J’étais flatté de pouvoir discuter avec un homme comme lui". Néanmoins, "je n’attendais rien sur le plan professionnel. A l’époque ce ne sont pas ses amis politiques qui étaient au pouvoir."

Le bon ami.

Il assure que "s’il n’y avait pas eu le nom de DSK, on n’aurait jamais entendu parler de" lui. Fabrice Paszkowski est accusé d'être l'un des organisteurs de soirées pour Dominique Strauss-Kahn. "Vous avez organisé ces soirées échangistes mais vous n’y avez jamais participé ?", demande le président. "Je parlerais plutôt de libertinage. Mon activité était plutôt le voyeurisme. C’est une pratique sexuelle", assure Paszkowski. Quant à ses relations avec DSK : on avait tissé des liens amicaux. C’était un ami, c’est toujours un ami." Le président demande confirmation : "Pour vous c’est un bon ami ?" "Oui." "On lui demandera tout à l’heure si c’était réciproque."

La chute.

Le tribunal entame cette journée d'audience par l'audition de David Roquet. Cet ancien patron d'une filiale d'Eiffage dans le Nord est accusé d'avoir organisé plusieurs parties fines avec DSK. Il raconte à la barre sa chute professionnelle qui a suivi le début de cette affaire. "Mon CV depuis 3 ans n’est pas très brillant. Aujourd’hui, j’ai acheté une petite camionette d’occasion et des bons outils. J’ai créé une petite société qui s’appelle Esprit des monastères, je suis tout seul. Je serai toujours tout seul. Je fais de belles choses, aujourd’hui je taille la pierre, je restaure des vitraux. Avec mon CV, à 45 ans j’ai dû repasser un CAP de maçon", détaille David Roquet.

Une arrivée mouvementée.

Dominique Strauss-Kahn est arrivé peu après 9 heures au tribunal correctionnel de Lille. Sa voiture a été prise pour cible par des Femen, qui sont parvenues à monter sur sa voiture en criant "Mac-clients, déclarés coupables".


Europe1

Mardi 10 Février 2015 - 13:58



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