QUE FAIRE DE WADE ?

« La Russie a accompli si tard sa révolution bourgeoise Qu’elle s'est trouvée forcée De la transformer en révolution prolétarienne…»

L.D. Trotski.



Combien d’hommes sont morts dans des circonstances les plus atroces, pour avoir soutenu cette thèse.Dans un article rédigé en Juin 1999, et qui nous a valu, entre lettres anonymes et bulletins de renseignements fabriqués, 12 années de "bannissement" et des persécutions qui se sont poursuivies même plus tard, j’avertissais mes « amis de gauche » que Wade était un mauvais choix ! Loin de nous l’idée de donner aux évènements de la semaine passée, l’importance qu’elles n’ont pas, mais ils nous donnent l’occasion d’inviter à une réflexion sérieuse sur ce que nous devons « faire de Wade »  qui a pris en otage ce pays qui semble ne vivre et respirer qu’au gré de ses humeurs et ses désirs, depuis bientôt plus d’un Quart de Siècle.

Abdoulaye Wade n’est pas seulement un personnage politique, il est à lui seul tout un système. Aussi les moyens pour « s’en défaire définitivement » doivent épouser non seulement les contours de son système d’opposition qu’il ré-expérimente depuis une semaine, mais également, celui de sa gouvernance dont les stigmates sont encore profondément plantés dans notre corps social. Un simple dépoussiérage ne suffira pas à la tache pour nous débarrasser du spectre fantomatique de Wade. 

Ainsi que l’expliquait Léon D. Trotski dans Histoire de la Révolution russe face à ses contempteurs et aux idéologues de la réaction restauratrice qui n’avaient pas assez de jambes pour suivre le cours nouveau déclenché par les révolutionnaires bolcheviks, il n’a fallut que 7 à 9 mois pour passer du Tsarisme au pouvoir des Soviets, parce que entres autres conditions historiques particulières, celles faites aux masses russes de l'époque, ne leur laissait aucune autre alternative que celle de la Liberté .

Toutes proportions gardées, les Sénégalais ont fait partir Wade dans des conditions de choix similaires , celles de la fin d'une longue nuit noire de 12 ans ! Les Assisses Nationales avaient bien suscité l’espoir qu’un monde nouveau, du moins les esquisses de la refondation d’une république nouvelle étaient en gestation. La suite des évènements, en passant par les Glorieuses de Juin (23/27 juin) et qui avaient atteint leur épilogue avec le vote massif des 2/3 du corps électoral dans le cadre de la plus vaste coalition politique que le Sénégal ait connue, avait fini par convaincre les plus sceptiques qu’un Sénégal nouveau était né.Les plus romantiques ont même voulu planter un arbre de la Liberté pour célébrer cette victoire sur le régime libéral que Wade, Chef de l’Internationale Libérale prédestinait pour 50 ans de règne ! 

Et voilà que seulement 2 ans après, Wade nous réapparaît dans son habit de magicien pour un dernier tour de magie politicienne. Un art comique dans lequel il excelle. Mais cette fois ci il est forcé de jouer une tragi-comédie car les enjeux sont « la chair de sa chair » : Son Fils Bien Aimé risque des décennies de bagne pour avoir été accusé d'avoir frauduleusement transféré aux quatre coins du monde la maigre pitance laborieusement amassée des sénégalais. Tel un prestidigitateur, Abdoulaye Wade a toujours su tenir « ses foules » dans la fascination et l’extase, comme ces génies des fonds de mers pétrifiés par Méduse,  et quand le rideau tombe, ils s’exclament «Gorgui dou nit ! » incapables de s’expliquer ce qui leur est arrivé pendant ce moment d’absence. Et de nuit il est encore plus fort !

Aussi longtemps que l’on se souvienne de ses discours, dans ses « moments de faiblesse », la technique est invariable : il agite des soutiens occultes et nie toujours avoir «  voulu faire un coup d’état » ou «  ne pas vouloir marcher sur des cadavres pour rentrer au palais ». Pourquoi de telles évocations ? L’on a jamais pu le prendre en flagrant délit d’avoir donner l’ordre qui a conduit a telle ou tel drame ou tragédie : Ni sur le boulevard De Gaulle, ni sur l’avenue des ambassadeurs, ni à Podor, ni à la place de l’obélisque, ni pour les coups de marteaux de Talla Sylla , ni , ni, ni…. !

Or, Wade est plusieurs fois Professeur d’université, se peut-il qu’il parle ainsi, pour ne rien dire ?Ca sent le chantage comme il a toujours su le faire pour obtenir ce qu’il veut.Il dit avoir entendu les gémissements de Karim du fond de sa prison de Rebeuss comme il l’avait entendu crier du haut de l’Immeuble Tamaro ! Il est accouru, Wade est venu au secours de son fils. Il est avocat d’affaires et il sait parfaitement et absolument, même s’il en avait ignoré beaucoup au paravent, que son Fils ne pourra point se tirer des griffes de la CREI. En fait, Il sait mieux que quiconque que l’on peut jeter une aiguille « temporairement introuvable » dans les eaux boueuses des paradis fiscaux, mais quand l’acte constitutif du délit est matériellement établi, retrouver l’argent n’est qu’un question de temps. 3,5 ou 10 ans. Qu’importe !Wade a bien entendu son fils gémir, mais où était-il quand ce dernier s’auto-glorifiait d’avoir «  brisé » Bara Tall et son Entreprise JLS, d’avoir « cassé » le frère C. T.Gadio, et bien d’autres sénégalais anonymes bannis pour avoir dit « non » à Karim ; quand il signait tous ces contrats gigantesques dans lesquelles on insérait des clauses assassines organisant la rapine et le transfert net des richesses du peuple sénégalais au profit d’intérêts anonymes et étrangers ?Qui n’a pas vu tous ces libéraux qui ont été des victimes pleurnichardes de Karim Wade feignant la compassion et souriant hypocritement devant les slogans «  Libérez Karim ».Qu’à cela ne tienne, la vieille Dame Arame DIENE disait : «  Celui qui s’égorge, C’est lui qui est mort ! » 

Pour notre part, au delà de la coalition BBY, tous ceux qui ont combattu l’iniquité et l’injustice pour défaire ce qui avait été, notre devoir aujourd’hui est de resserrer les rangs pour protéger la République et ses institutions contre toutes velléités de négocier notre engagement historique de faire restituer les biens mal acquis à leur véritable propriétaire, au peuple sénégalais.Tous les candidats s’y étaient engagés. Et Nul n’à le droit de s’y dérober au risque de connaître l’opprobre de la part justement de tous ces jeunes gens – dont certains sont allé accueillir Wade – et qui ne comprennent pas qu’ils soient encore obligés de manifester à la fin de chaque mois pour recevoir leur bourse !Wade n’est pas revenu pour rétablir le régime libéral ou pour refonder le PDS. Son Seul et Unique objectif est de faire libérer son Karim embastillé.

Toutes les 
mobilisations et les visites de courtoisie procèdent de cela. Il lui faut un moyen de négocier. Et il adaptera sa stratégie au degré de résistance du pouvoir en place. Ce qu’il semble oublier c’est que personne n’a encore été poursuivi dans ce pays pour autant de milliards en cause et des piles de contrats concédés et signés au détriment du Sénégal.Ce qu’il semble également tenir pour rien face à son désir ardent de faire libérer son fils, c’est l’engagement suprême que notre pays a pris et devant son peuple et devant le monde entier, de restaurer la République et ses valeurs de vertu et de bonne gouvernance ; ces mots n’ont certes pas un sens pour lui. Bientôt, quand la « vaine équipée » se sera dissipée devant l’indifférence des foules qu’il n’aura pas pu lancer sur la Bastille de Reubeuss où crèche le dauphin , le Roi UBU repartira pour Versailles en promettant de revenir cette fois ci avec les redoutables « Armées du Seigneur » ! 

Mais, pour vous soigner de cette douloureuse obsession de reconquête , et afin que votre retour ne soit plus possible Maître, bientôt nous aurons parachevé les reformes institutionnelles préconisées par les Assises, lance la communalisation universelle et bien sur, la CREI aura juge votre fils .

Papa Diery Sene

Mercredi 30 Avril 2014 - 20:57



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