Quand Samuel Eto'o se compare à... Mandela

Pour lui, s'il est autant critiqué, c'est parce qu'on n'a rien compris à son immense talent.



Quand Samuel Eto'o se compare à... Mandela
es succès de Samuel Eto’o ont été mille fois évoqués, et le goaleador camerounais lui-même ne rate aucune occasion pour les rappeler et se mettre en scène. Tout cela a valu au capitaine des Lions indomptables, la sélection nationale de football du Cameroun, d’être adulé ou cordialement détesté. Beaucoup lui reprochent son égotisme et sa tendance à la mégalomanie. Sur ce registre, la star du football vient de faire un pas de plus. En pleine pagaille post-débâcle des Lions au Mondial du Brésil, des effigies géantes de lui ont été installées aux abords des principales artères de Yaoundé, la capitale.
Il s’agit de deux images en une. Sur la première, Samuel Eto’o est debout et sur l’autre il est assis. Il porte un maillot du FC Barcelone avec sur les épaules le drapeau tricolore du Cameroun (vert, rouge et jaune, frappé d’une étoile jaune sur le rouge). L’image est truffée de textes rappelant le palmarès du joueur.
«Eto’o a quatre ballons d’or africains, Meilleur buteur de l’histoire du Cameroun avec 55 buts, Lion d’or africain: 2004, 2009, 2010 et 2011, Meilleur numéro 9 de l’histoire du FC Barcelone»... Le tout couronné par cette punch line en forme de provocation: «Ils ont la mémoire courte.»


Comme le laisse entendre le site 237Online, on ignore tout du véritable initiateur de cette campagne. Même si l’effigie porte l’estampille d’une radio locale émettant sur la capitale camerounaise.
Dans tous les cas, la campagne vise à démontrer que, malgré les critiques qu’il essuie depuis la déculottée du Cameroun au Mondial, Samuel Eto’o est un «sauveur».  L’intéressé n’a pas formellement condamné l’initiative et indique juste que le moment n’est pas venu pour cela.

«Après la coupe du monde que nous venons de vivre, il serait sage de laisser le temps faire son œuvre et ne pas s’adonner à ce genre de propagande à polémique», indique-t-il dans des propos rapportés par AfricaTopSports.
Le capitaine des Lions indomptables  n’a pas non plus l’air de nier le qualificatif de «héros africain» dont il est affublé par ses supporteurs encore moins les comparaisons avec des figures mythiques et historiques  du continent telles que Thomas Sankara, Kwamè Nkrumah ou encore l’icône des icônes... Nelson Mandela.
Est-ce cette dernière comparaison qui a amené les autorités camerounaises à détruire ces affiches? Dans un communiqué, les autorités administratives ont fait savoir le 7 juillet que la campagne d’affichage d’Eto’o représentait «un trouble à l’ordre public».
En effet, voilà où on est au Cameroun depuis le retour du Brésil des Lions indomptables. Les Camerounais sont divisés et une véritable guerre de tranchées s’est déclenchée entre ceux qui soutiennent Samuel Eto’o et ceux qui l’accusent d’être l’un des principaux responsables des piètres prestations de la sélection camerounaise de football depuis quelques années.
Il faut dire que cette guéguerre était quasiment inévitable. Dès le retour des Lions du Brésil, le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, a demandé une enquête pour comprendre les raisons de ce naufrage, afin de pouvoir tout remettre en ordre de marche. Dès lors, tout le monde s’est mis à désigner tout le monde, des plus hauts dirigeants du football camerounais aux responsables politiques en passant par les joueurs, Samuel Eto’o en tête.
À la fin du mois de juin, le quotidien Le Jour a même titré que Samuel Eto’o a été entendu par la police et son passeport confisqué. Une information démentie par le joueur qui parle d’une «cabale» contre lui.
Une contre-offensive qui est loin de faire oublier la la piteuse campagne brésilienne des Lions: trois matches de poules perdus face au Brésil, la Croatie et le Mexique, et des bagarres publiques entre les joueurs et mais aussi au sein de l’encadrement.

Slateafrique

Vendredi 11 Juillet 2014 - 14:31



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