Qui sont les Yézidis, nouvelle cible de l'Etat islamique en Irak ?



La prise par l'Etat islamique de Sinjar, dans le nord de l'Irak, a poussé les Yézidis à fuir vers le Kurdistan, de crainte d'être persécutés. Des Yézidis fuient la ville de Sinjar, le 3 août 2014, après des attaques de l'Etat islamique dans le nord de l'Irak. L'armée américaine a bombardé les positions d'artillerie de l'Etat islamique en Irak, qui menaçaient leur personnel situé dans la région d'Erbil, vendredi 8 août. Plus tôt dans la journée, Barack Obama avait en outre autorisé des "frappes ciblées" pour "éviter un éventuel genocide
L'annonce du président américain intervient après une nouvelle offensive de l'Etat islamique, qui a poussé des centaines de milliers de Yézidis à quitter la région pour la région autonome irakienne du Kurdistan. Une partie de cette minorité religieuse menacée d'extermination par les jihadistes est toutefois coincée dans les montagnes de Sinjar, encerclées par les forces de l'Etat islamique. Des centaines de femmes yézidies ont par ailleurs été kidnappées, selon un porte-parole du ministère irakien des Droits de l'homme, dans le but d'être "mariées" ou "vendues" à des jihadistes.



Une minorité kurde vivant dans le nord de l'Irak
Les Yézidis constituent une des plus anciennes communautés du nord de l'Irak : leurs racines remonteraient à plus de 6 000 ans, selon le Telegraph (en anglais). On recense de 500 000 à 600 000 membres de cette minorité kurde dans tout le pays, selon France Inter. Les Yézidis vivent principalement dans la vallée de Lalish, située au nord de Mossoul, rapporte Orient XXI. D'autres habitent les régions voisines de Ninive et du mont Sinjar. Une partie de la communauté yézidie a enfin migré vers la Syrie ou vers les pays du Caucase, comme la Géorgie et l'Arménie, au cours du XIXe siècle.


Des "adorateurs de Satan", selon l'Etat islamique
Les Yézidis pratiquent une religion syncrétique. Elle mêle un héritage soufi - un courant mystique de l'islam - et des éléments du judaïsme, du christianisme - les croyants sont baptisés - ou encore du zoroastrisme - la prière se fait face au soleil et non face à La Mecque. La particularité des Yézidis réside dans leur supposée adoration de "Satan", selon les accusations des chrétiens et des musulmans. Ils vénèrent en effet Malek Taous, un "ange-paon" qui aurait déclenché une rébellion au paradis, explique le Telegraph. Une croyance qui rappelle la chute de Lucifer, précipité aux enfers par Dieu après s'être révolté, dans le christianisme et l'islam. Les Yézidis vouent en outre un culte aux serpents, traditionnellement associés au mal dans les religions monothéistes.


Les Yézidis sont considérés comme des païens selon la charia, la loi islamique, à cause de leur culte de l'ange-paon. Contrairement aux chrétiens ou aux juifs, qui peuvent obtenir un droit de cité à condition de se soumettre et de payer un impôt (c'est le statut de dhimmi), les Yézidis ne peuvent ni se convertir à la religion musulmane ni rester dans les zones contrôlées par les islamistes. "Ils sont (...) la minorité la plus détestée, méprisée et diabolisée au niveau religieux, pas parce qu'ils sont 'alliés de l'Occident' comme les juifs et les chrétiens, mais parce qu’ils sont les plus 'mécréants'", explique le géopolitologue Alexandre Del Valle, interrogé par Atlantico.


Une minorité persécutée depuis des siècles
Les Yézidis d'Irak ont été persécutés dès le XIIIe siècle, rapporte Orient XXI. L'avancée des jihadistes de l'Etat islamique, réputés pour leur violence contre les chrétiens de Syrie, a donc provoqué la panique chez les membres de cette communauté. Selon Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise, en mission en Irak, l'Etat islamique "utilise un mode d’action qui consiste à cibler délibérément les minorités irakiennes et d’autres personnes qu’il soupçonne de s’opposer à lui, et d’en enlever et séquestrer les membres".


En plus des enlèvements rapportés par Amnesty International, les jihadistes auraient tué une trentaine de personnes lors de la prise de Sinjar, rapporte Rue89. Dans un tweet, Donatella Rovera cite un Yézidi bloqué dans les montagnes qui lui aurait déclaré : "L'Etat islamique a tiré sur mes deux filles alors que nous fuyions. L'une est morte sur le coup et l'autre ne reçoit aucun soin médical." "Dans notre histoire, nous avons enduré 72 massacres. Nous craignons que Sinjar ne soit le 73e", a mis en garde une députée yézidie, elle aussi citée par la conseillère d'Amnesty.


L'armée américaine a bombardé les positions d'artillerie de l'Etat islamique en Irak, qui menaçaient leur personnel situé dans la région d'Erbil, vendredi 8 août. Plus tôt dans la journée, Barack Obama avait en outre autorisé des "frappes ciblées" pour "éviter un éventuel génocide". L'annonce du président américain intervient après une nouvelle offensive de l'Etat islamique, qui a poussé des centaines de milliers de Yézidis à quitter la région pour la région autonome irakienne du Kurdistan. Une partie de cette minorité religieuse menacée d'extermination par les jihadistes est toutefois coincée dans les montagnes de Sinjar, encerclées par les forces de l'Etat islamique. Des centaines de femmes yézidies ont par ailleurs été kidnappées, selon un porte-parole du ministère irakien des Droits de l'homme, dans le but d'être "mariées" ou "vendues" à des jihadistes.


Une minorité kurde vivant dans le nord de l'Irak
Les Yézidis constituent une des plus anciennes communautés du nord de l'Irak : leurs racines remonteraient à plus de 6 000 ans, selon le Telegraph (en anglais). On recense de 500 000 à 600 000 membres de cette minorité kurde dans tout le pays, selon France Inter. Les Yézidis vivent principalement dans la vallée de Lalish, située au nord de Mossoul, rapporte Orient XXI. D'autres habitent les régions voisines de Ninive et du mont Sinjar. Une partie de la communauté yézidie a enfin migré vers la Syrie ou vers les pays du Caucase, comme la Géorgie et l'Arménie, au cours du XIXe siècle.


Des "adorateurs de Satan", selon l'Etat islamique
Les Yézidis pratiquent une religion syncrétique. Elle mêle un héritage soufi - un courant mystique de l'islam - et des éléments du judaïsme, du christianisme - les croyants sont baptisés - ou encore du zoroastrisme - la prière se fait face au soleil et non face à La Mecque. La particularité des Yézidis réside dans leur supposée adoration de "Satan", selon les accusations des chrétiens et des musulmans. Ils vénèrent en effet Malek Taous, un "ange-paon" qui aurait déclenché une rébellion au paradis, explique le Telegraph. Une croyance qui rappelle la chute de Lucifer, précipité aux enfers par Dieu après s'être révolté, dans le christianisme et l'islam. Les Yézidis vouent en outre un culte aux serpents, traditionnellement associés au mal dans les religions monothéistes.


Les Yézidis sont considérés comme des païens selon la charia, la loi islamique, à cause de leur culte de l'ange-paon. Contrairement aux chrétiens ou aux juifs, qui peuvent obtenir un droit de cité à condition de se soumettre et de payer un impôt (c'est le statut de dhimmi), les Yézidis ne peuvent ni se convertir à la religion musulmane ni rester dans les zones contrôlées par les islamistes. "Ils sont (...) la minorité la plus détestée, méprisée et diabolisée au niveau religieux, pas parce qu'ils sont 'alliés de l'Occident' comme les juifs et les chrétiens, mais parce qu’ils sont les plus 'mécréants'", explique le géopolitologue Alexandre Del Valle, interrogé par Atlantico.


Une minorité persécutée depuis des siècles
Les Yézidis d'Irak ont été persécutés dès le XIIIe siècle, rapporte Orient XXI. L'avancée des jihadistes de l'Etat islamique, réputés pour leur violence contre les chrétiens de Syrie, a donc provoqué la panique chez les membres de cette communauté. Selon Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise, en mission en Irak, l'Etat islamique "utilise un mode d’action qui consiste à cibler délibérément les minorités irakiennes et d’autres personnes qu’il soupçonne de s’opposer à lui, et d’en enlever et séquestrer les membres".


En plus des enlèvements rapportés par Amnesty International, les jihadistes auraient tué une trentaine de personnes lors de la prise de Sinjar, rapporte Rue89. Dans un tweet, Donatella Rovera cite un Yézidi bloqué dans les montagnes qui lui aurait déclaré : "L'Etat islamique a tiré sur mes deux filles alors que nous fuyions. L'une est morte sur le coup et l'autre ne reçoit aucun soin médical." "Dans notre histoire, nous avons enduré 72 massacres. Nous craignons que Sinjar ne soit le 73e", a mis en garde une députée yézidie, elle aussi citée par la conseillère d'Amnesty. 


Les jihadistes ont en outre détruit un sanctuaire yézidi, comme ils l'ont fait pour les lieux de culte d'autres minorités religieuses, selon une vidéo postée le 3 août. Les Yézidis ont fait partie des premières communautés persécutées par les jihadistes, au même titre que les chrétiens d'Orient. Mais n'ayant "pas de relais en Occident", leur situation est restée méconnue de la communauté internationale, souligne France Inter.


Une communauté en exode
La prise de la principale ville de la communauté, Sinjar, dimanche 3 août, a provoqué l'exode de dizaines de milliers de Yézidis. Les combattants kurdes qui défendaient la ville étaient apparemment moins bien armés que les jihadistes, explique Rue89. La majorité des 200 000 Yézidis de la région a trouvé refuge au Kurdistan irakien, dont les combattants peshmergas constituent le dernier rempart contre l'Etat islamique.
Quelque 50 000 membres de la communauté sont toutefois coincés dans les montagnes désertiques de Sinjar, rapporte Bloomberg (en anglais). Ils ne disposent ni de nourriture, ni d'eau selon l'Unicef, qui signale que la moitié des Yézidis sur place sont des enfants. Plusieurs seraient déjà morts de déshydratation, selon le Washington Post  (en anglais).

Les Yézidis ne peuvent quitter le mont Sinjar, toutes les routes alentour étant contrôlées par l'Etat islamique. Les peshmergas ont entrepris de libérer une route menant des montagnes à la ville de Rabia, qu'ils contrôlent, mais la contre-offensive prendra du temps, explique encore le Washington Post. Mais le temps est précisément ce dont les Yézidis ne disposent pas.
Francetv info

Pape Moussa BA (stagiaire)

Samedi 9 Août 2014 - 14:13



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