RCA: 250 militaires français déployés dans les rues de Bangui après des accrochages

La Centrafrique se réveille une fois de plus dans un climat d’insécurité, voire de terreur. Plusieurs quartiers de la capitale, dont la zone du PK-12, dans le nord de la ville, et celle du fleuve, dans le centre, ont été secoués ce jeudi 5 décembre au petit matin par des échanges de tirs. Le porte-parole de la présidence accuse des partisans de l'ex-président François Bozizé d'être derrière l'attaque, avec l'intention de prendre le pouvoir avant le vote de la résolution de l'ONU, aujourd'hui, au Conseil de sécurité. Le point sur la situation à Bangui.



Des soldats français patrouillent dans Bangui, le 4 décembre 2013. REUTERS/Emmanuel Braun
Des soldats français patrouillent dans Bangui, le 4 décembre 2013. REUTERS/Emmanuel Braun

Selon le correspondant de RFI sur place, la situation reste toujours confuse à Bangui. Les tirs ont baissé d'intensité, mais les accrochages continuent expliquent l'armée française qui a déployé 250 soldats dans les rues. Impossible de savoir véritablement qui contrôle la situation même si les autorités se veulent rassurantes. Des scènes de pillage ont eu lieu dans certains quartiers de la capitale. Les commerces sont fermés.
 

La capitale centrafricaine s’est réveillée tôt ce jeudi matin au son des armes légères et des armes lourdes. Des combats ont d’abord été signalés dans les quartiers nord, puis dans d’autres quartiers plus proches du centre.
 

Que se passe-t-il exactement ? Des sources militaires françaises parlent d’attaques coordonnées, simultanées même, sur trois points : le camp Kassaï, l’Assemblée nationale et le quartier de Boy-Rabe. Des combats menés par des groupes anti-Balaka, appuyés par des éléments équipés d’armements modernes et d’armements lourds, dont l’identité pour l’instant n’est pas confirmée.

 

Le porte-parole de la présidence centrafricaine Guy Simplice Kodégué accuse lui, les partisans de l’ancien président François Bozizé, d’être derrière l’attaque. « Leur intention est claire, dit-il, ils veulent prendre le pouvoir avant le vote de la résolution de l’ONU ». Un vote qui doit intervenir ce mercredi au Conseil de sécurité et qui doit permettre le renforcement du mandat de la mission africaine sur place, la Misca, et ouvrir la voie à une intervention des militaires français dans le cadre de l'opération Sangaris. « Mais, ajoute Guy Simplice Kodégué, la riposte a été organisée ».

 

La peur a immédiatement commencé à s’installer. Des habitants joints par RFI ont indiqué qu’ils se terraient chez eux. D’autres par centaines ont commencé à fuir le quartier de Boy-Rabe, l’un de quartiers touchés par les attaques, certains se sont réfugiés dans une église, celle du père Blaise : « Je suis entouré de la population civile qui a fui. Les tirs se sont déclarés très tôt ce matin et les gens ont couru vers la paroisse Saint-Paul. Donc on leur a ouvert l’église. Actuellement, environ 500 à 600 personnes sont rassemblées sur le site. Certaines sont à l’intérieur de l’église, mais comme elle ne peut pas les contenir toutes, certaines personnes sont restées dehors, sous la véranda, dans le centre paroissial ou dans la cour de la paroisse. Ici, on n’a rien prévu pour cette population. Ils sont là, les enfants, les petits enfants avec leurs mères. Il y a aussi des femmes enceintes. Ils sont là, mais on n’a rien pour eux ».
 

Selon le responsable en Centrafrique de l’ONG Médecin sans Frontières (MSF), cité par l’AFP, les tirs à Bangui ont fait « plusieurs morts et des blessés » qui ont été conduits à l'hôpital communautaire de la capitale.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Jeudi 5 Décembre 2013 - 15:23



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