RCA: calme précaire à Gaga après des heurts

Le calme semblait revenu hier, mercredi, à Gaga, ce village minier situé à plus de 200 kilomètres au nord-ouest de la capitale Bangui, théâtre de violences entre ex-rebelles de la Seleka et groupes de paysans armés depuis lundi matin. Les bilans sont contradictoires : une source sécuritaire évoque une cinquantaine de morts, le ministre de la Sécurité publique confirme seulement deux victimes pour le moment. Gaga est situé dans une zone très reculée où les communications téléphoniques ne passent pas. Mais RFi a pu recueillir le récit d'habitants qui ont fui les violences pour se réfugier dans la brousse ou les localités voisines.



Le nord-ouest de la Centrafrique est confronté à l'apparition de tensions interreligieuses jusque là inédites. AFP/LIONEL HEALING
Le nord-ouest de la Centrafrique est confronté à l'apparition de tensions interreligieuses jusque là inédites. AFP/LIONEL HEALING
C'est une attaque contre une base des ex-Seleka qui aurait déclenché les combats. Une attaque attribuée à un groupe de paysans excédés de voir les anciens rebelles s'accaparer les ressources minières de la région. En représailles, ils s'en seraient pris à la population, en majorité chrétienne, comme le raconte cet habitant, réfugié chez des proches : « Lorsque les armes crépitaient, ils passaient de maison en maison ouvrir et sortir les hommes, ou bien leur tirer dessus à l'intérieur de la maison. Par la grâce de Dieu, on est sortis et sur la route, on pouvait voir des cadavres, des cadavres, des cadavres... Moi j'en ai compté six ».
 
Les milices d'autodéfense pointées du doigt

 
Plusieurs sources assurent que les communautés musulmanes ont elles aussi été victimes de ces affrontements, comme l'explique ce représentant local d'une commnunauté d'éléveurs. Il pointe la responsabilité des milices d'autodéfense : « Ils créent des problèmes et puis ensuite ils laissent les autres s'entredéchirer entre eux. Aujourd'hui certains sont en train de récupérer la situation pour mettre en conflit des communautés qui ont vécu ensemble pendant des décennies. C'est ça le grand problème ».
 
Les combats ont cessé hier, mercredi, à Gaga. Mais l’apparition de tensions interreligieuses jusque là inédites soulève de nouvelles inquiétudes.
 
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L’archevêque de Bangui, Monseigneur Nzapalainga, se rendra à Gaga ce jeudi 10 octobre, sous escorte de la Fomac. La force d'Afrique centrale a décidé d’envoyer une vingtaine d’hommes sur place pour évaluer la situation.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Jeudi 10 Octobre 2013 - 13:03



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