RCA: les Centrafricains espèrent le retour à la paix

François Hollande a annoncé jeudi 5 décembre au soir une intervention militaire « immédiate » après l'adoption d'une résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte présenté par la France prévoit le déploiement de la Misca, la force africaine, et des forces françaises et autorise le recours à la force. Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, ce vendredi 6 décembre sur RFI, précisait que l'opération avait commencé. Objectif premier : le retour de la sécurité dans le pays. Jeudi soir, la capitale Bangui a de nouveau connu une vague de violence. Les bilans sont encore incertains. Le Premier ministre Nicolas Tiangaye parlait d'au moins 100 morts.



Bnagui, le 5 décembre. Des habitants du PK5, à majorité musulmane, se sont rassemblés à proximité d'une mosquée où les corps de personnes tuées REUTERS/Emmanuel Braun
Bnagui, le 5 décembre. Des habitants du PK5, à majorité musulmane, se sont rassemblés à proximité d'une mosquée où les corps de personnes tuées REUTERS/Emmanuel Braun

On sent bien ici à Bangui que les Centrafricains attendent cette intervention française. Plusieurs personnes avec qui RFI a pu discuter ces dernières quarante-huit heures, insistaient même sur l’urgence avec laquelle il fallait, selon elles, mener une telle intervention.

 

Dans les quartiers où les rebelles de l'ex-Seleka ont été les plus agressifs depuis huit mois, où les exactions, les vols, ont été les plus nombreux, les habitants ne cachent pas leur désir de voir les ex-rebelles être réellement désarmés.
 

« Ce qu’il faudrait, me disait un homme il y a deux jours, c’est qu’on puisse cantonner les Sélékas centrafricains et les former. Pour ce qui est des mercenaires, ajoutait-il, et bien qu’on les renvoie dans leurs pays, au Tchad ou au Soudan. »
 

La surenchère des anti-Balaka
 

L’attaque qui a eu lieu dans la région de Boali en début de semaine, puis celle hier matin, des anti-Balaka sur Bangui, sont également venues rappeler que les anti-Balaka contribuent à l’insécurité en Centrafrique.

Ces milices d’autodéfense, qui s’opposent à la Seleka, s’attaquent aux populations musulmanes, sous prétexte que les Sélékas sont en grande majorité musulmans.
 

A Boali donc, ce sont des éleveurs Peuls, Mbororo musulmans, qui ont été assassinés par les anti-Balaka. A Bangui, à la suite de l’attaque d’hier, une soixantaine de corps ont été exposés à la mosquée Ali Babolo du quartier KM5.

 

Nettoyer le pays des armes
 

Face à cette situation, certains Centrafricains souhaitent que l’armée française et la communauté internationale puissent désarmer à la fois les anti-Balaka et les Séléka. Un Banguissois disait même : « Si ce n’est pas le cas, on n’arrivera pas à une vraie paix. »
 

Enfin, un homme demandait à ce que la France puisse aider à nettoyer Bangui et le pays des armes qui y circulent, ce qui semble une tâche pour le moins difficile, sinon quasi-impossible, au vu des rébellions qui se sont succédées ici en Centrafrique, et qui ont donc donné lieu à une grande dissémination d’armes.

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Vendredi 6 Décembre 2013 - 09:34



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