RCA: les autorités tentent d'endiguer la flambée de violence à Bangui

Les violences qui paralysent Bangui depuis samedi ont fait une centaine de blessés et au moins une trentaine de morts, selon des sources hospitalières. Ce lundi s'annonce décisif pour déterminer si cette crise sécuritaire va s'éterniser ou si les forces de sécurité vont pouvoir l'endiguer.



La journée d'aujourd’hui risque d'être cruciale dans le dénouement rapide ou non de la crise que traverse Bangui  depuis deux jours. Médecins sans frontières (MSF) qui gère l'hôpital général indique n'avoir reçu que très peu de blessés, alors que les combats très violents continuaient dans les quartiers. Ce qui laisse présager une arrivée massive de patients ce lundi, si la circulation se rétablit.

Dimanche, les multiples barricades ont rendu tout déplacement impossible et fortement compliqué le travail des humanitaires. La Croix-Rouge centrafricaine a eu du mal a récupérer les corps des victimes, tandis que des blessés bloqués dans le quartier du kilomètre 5 (PK5) s'entassaient à la mosquée.

Du point de vue militaire, les casques bleus de la Minusca patrouillent dans Bangui fortement appuyés par Sangaris qui n'avait plus été aussi visible dans la capitale depuis des mois. Après l'entrée en vigueur du couvre feu
 et des mesures restrictives liées aux rassemblements, tout le monde attend de voir si les forces de sécurité locales et internationales vont faire preuve de fermeté.

Dimanche, des miliciens armés de fusils d'assaut et de machettes sont descendus dans les rues de la capitale où des barricades avaient été érigées. Aux premières heures de dimanche, des jeunes gens en colère avaient abattu des troncs d'arbres pour bloquer les grandes artères de la ville.

Des soldats de la force des Nations unies (Minusca) ont tiré des gaz lacrymogènes avenue Boganda et tenté, en vain, de les faire partir. L'accès à l'aéroport est bloqué. La veille,  des violences avaient été commises par des musulmans en représailles au meurtre d'un des leurs au quartier PK5.

Les manifestants ont demandé le départ des Français de la Minusca et le retour des forces armées centrafricaines. Ils demandent aussi le départ de Catherine Samba Panza, la présidente de la transition.

Sur le plan politique, en l'absence de Catherine Samba-Panza, qui doit parler de New York où elle se trouve pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies, c'est le Premier ministre qui s'est exprimé et qui crie au complot généralisé pour déstabiliser le gouvernement de transition. Mahamat Kamoun a donc annoncé plusieurs mesures dont un couvre-feu de 18 h à 6 h du matin et un renforcement des patrouilles des forces de l'ordre. Il appelle les Centrafricains à ne pas se laisser manipuler et à reprendre le travail ce lundi. Mais des milliers d'habitants ont dû fuir Bangui pour rejoindre des camps de déplacés.

Source: rfi



Lundi 28 Septembre 2015 - 08:42



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