RCA: les forces tchadiennes amorcent leur retrait

Deux cents soldats et policiers tchadiens ont quitté Bangui cet après-midi, vendredi 4 avril, dans un convoi de 30 véhicules escortés par les forces de la Misca et de Sangaris. Le départ s’est effectué sans anicroche, les forces internationales protégeant les Tchadiens qui traversaient notamment les quartiers du nord de la ville, précisément dans la zone où s’étaient déroulés les affrontements de samedi. Ce départ est l’application concrète de la décision annoncée jeudi par le président tchadien Idriss Deby de quitter la Misca. Reste à savoir si les Tchadiens quitteront aussi rapidement les villes du Nord, villes où vivent d’importantes communautés musulmanes.



Escorté par des soldats de la Misca, un convoi d'une trentaine de véhicules transportant les 200 soldats tchadiens basés à Bangui a quitté la ville ce vendredi 4 avril 2014.
Escorté par des soldats de la Misca, un convoi d'une trentaine de véhicules transportant les 200 soldats tchadiens basés à Bangui a quitté la ville ce vendredi 4 avril 2014.

Les Tchadiens n’ont pas perdu de temps. Vingt-quatre heures après avoir annoncé qu’ils se retiraient de la Misca, les Tchadiens ont quitté Bangui en bon ordre. Vers 16 heures ce vendredi après-midi, un long convoi d’une trentaine de véhicules a franchi les grilles de la base de Mpoko pour se diriger vers la route du Nord. La traversée des quartiers où samedi dernier des affrontements avaient eu lieu  n’a posé aucune difficulté, la Misca et la force Sangaris ayant escorté les Tchadiens. Au total 200  hommes, policiers et militaires, ont quitté la ville. Les chefs du contingent tchadiens devaient, quant à eux, quitter Bangui en avion dans la soirée pour Ndjamena.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Tchadiens vont quitter avec la même célérité les villes du Nord ou s’ils vont attendre des renforts de la Misca afin d’éviter un vide sécuritaire. Les organisations humanitaires ne cachent pas leurs inquiétudes concernant des villes comme Bossangoa. L'annonce du retrait tchadien, puis celle du départ de la colonne de Bangui ont suscité des mouvements de panique. Signe de la crainte qu'inspirent à nombre de Centrafricains ces soldats en mouvement, les habitants qui s'approvisionnaient au marché central ont rapidement afflué vers le site de l'évêché.

Les musulmans inquiets

La crainte s'est fait sentir aussi chez les 500 musulmans toujours réfugiés sur le site de l'école Liberté. Eux sont inquiets de voir leurs protecteurs tchadiens commencer à faire leur paquetage. « Ils sont venus nous voir pour nous dire qu'ils allaient bientôt partir », explique un notable musulman de la ville. Pour quelle destination ? Attendent-ils la colonne en provenance de Bangui ? En ville, on s’interroge.

Du mouvement a également été signalé à Kabo, non loin de la frontière. Les soldats tchadiens sont partis dans la matinée, en direction du sud, vers Batangafo notamment, ou ils sont arrivés quelques heures plus tard, rejoignant le contingent déjà sur place. « Ils nous ont dit être là pour deux jours. Ensuite ils repartiront, mais on ne sait pas où », raconte un humanitaire qui décrit le sentiment de peur et de découragement des habitants, dont certains étaient revenus de Sido à la frontière où ils avaient fui. À Kaga Bandoro, aussi, la population attend les prochains jours dans l'angoisse, espérant ne pas être abandonnée par la Misca. Les soldats tchadiens, eux, attendent les ordres.

Les autorités centrafricaines, avec à leur tête la présidente Samba-Panza, ont fait part de leur  « regret » après l'annonce du retrait du contingent tchadien. « C'est un retrait qu'on ne souhaitait pas », a reconnu pour sa part le ministre des Affaires étrangères centrafricain Toussaint Kongo Doudou. « Nous pensons que nous allons toujours travailler avec le Tchad, car ils ont promis de continuer à nous appuyer grâce à des appuis multiformes qui ne sont pas seulement l'envoi de militaires, a néanmoins tempéré Toussaint Kongo Doudou. La coopération est indispensable dans l'intérêt de nos gouvernements et de nos peuples respectifs.»

Autre réaction : celle de la communauté musulmane de Bangui où du moins ce qu'il en reste. Principale cible des anti-balakas, les musulmans ont massivement fui la capitale. Chez ceux qui restent, c'est l'inquiétude qui domine.

Source : Rfi.fr
 



Samedi 5 Avril 2014 - 09:52



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