RCA: regain de tension à Bossangoa

Après deux jours de calme relatif, des tirs nourris ont été entendus, mardi 17 septembre, autour et dans la ville de Bossangoa au nord-ouest de la Centrafrique. Dans ce secteur, un groupe armé avait pris le contrôle il y a dix jours de plusieurs localités. Bangui avait accusé des fidèles du président Bozizé et le camp du président déchu avait lui-même revendiqué la paternité de ces attaques. Ces nouveaux accrochages ont provoqué d'importants déplacements de population.



RCA: regain de tension à Bossangoa

La population de Bossangoa s'est une nouvelle fois réveillée au son des tirs mardi. Tout a débuté à 5 heures du matin dans les faubourgs de la ville. Les affrontements entre forces gouvernementales et assaillants se seraient ensuite concentrés autour du marché.

Par peur de représailles, la population, aussi bien catholique que musulmane, a trouvé refuge dans les deux seuls lieux de la ville sécurisés par la Force multinationale des Etats d'Afrique centrale (Fomac) : une école et la mission catholique. En 24 heures, le nombre de réfugiés aux abords de l'église est passé de 18 000 à près de 30 000.
 

Situation humanitaire difficile
 

« Nous sommes préoccupés par la situation humanitaire de la population. Les gens nous arrivent de tous les côtés et nous continuons à accueillir du monde, témoigne le vicaire de Bossangoa l'Abbé Frédéric Tonfio. Nous ne savons pas comment faire, nous ne faisons que les accueillir, mais la situation humanitaire est chaotique. Nous attendons la sécurité. Les gens veulent la paix. »
 

Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui  (Invité Afrique)
 

Difficile à l'heure actuelle de savoir précisément qui sont les assaillants. Il y a une dizaine de jours, des hommes se revendiquant fidèles à l'ancien président Bozizé avaient attaqué une position des ex-Seleka et des membres de la communauté musulmane. Des représailles contre la communauté chrétienne s'en étaient suivies. Au moins 40 personnes avaient perdu la vie dans la seule ville de Bossangoa.
 

La Centrafique bientôt au menu des Nations unies
 

Une réunion pour discuter du renforcement de la Force africaine en Centrafrique (Misca) se tiendra à New York, le 25 septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Sans une forte implication de la communauté internationale, la Centrafrique risque de plonger dans le chaos.

La dégradation de la situation dans la région de Bossangoa devrait inciter les Nations unies à réagir rapidement. Mardi, les combats ont duré toute la journée. La population chrétienne s'est réfugiée à l'évêché et les civils musulmans dans une école de quartier.
 

Ces deux sites sont sécurisés par des éléments des forces d'Afrique centrale. La Fomac, qui doit passer sous la bannière de la Misca, la mission de l'Union africaine, attend des renforts qui peinent à être déployés. Hier, 200 militaires congolais de Brazzaville ont rejoint Bangui, un demi-bataillon de Tchadien est en route et devrait d'ailleurs passer par Bossangoa. Les 450 Burundais prévus ne sont toujours pas arrivés faute de transport et d'équipements.
 

Le mini-sommet à New York, la semaine prochaine, doit donc tourner autour du renforcement de la Misca. Certains pays, dont la France, militent pour qu’à terme les forces africaines passent sous mandat onusien comme l'ont fait les forces de la Cédéao au Mali. Cela permettrait de financer et de déployer un contingent d'environ 7 000 hommes. Un minimum pour la Centrafrique grande comme la France et la Belgique réunies.


Rfi.fr

Mercredi 18 Septembre 2013 - 18:04



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