RDC - Congo: tentatives de réchauffement entre les deux rives

En RDC, cinq envoyés spéciaux de la communauté internationale sont à Kinshasa depuis mardi 3 juin. Cette visite éclair entre le président congolais, différents ministres, l’opposition et la société civile avait pour principal objectif d’éclaircir la question des expulsions massives.



Dans le camp de Maluku, en RDC, près de 3 000 des 40 000 personnes expulsées du Congo-Brazzaville attendent de trouver un endroit où s'installer.
Dans le camp de Maluku, en RDC, près de 3 000 des 40 000 personnes expulsées du Congo-Brazzaville attendent de trouver un endroit où s'installer.

Cette réunion voulait briser la glace et réaffirmer les liens historiques qui lient les deux Congo. C’est le message qu’ont fait passer les deux ministres de l’Intérieur au travers de deux annonces. La première : une commission d’enquête mixte va être créée pour faire toute la lumière sur les violations des droits de l’homme pendant ces deux mois d’expulsions qui ont fait fuire 137 000 Congolais de Kinshasa  .

Le ministre de l’Intérieur de RDC, Richard Muyej a annoncé que les victimes identifiées pourront demander réparation : « Il est important que les deux partis soient informés de tout ce qu'il s’est passé de manière objective, a-t-il affirmé. Cela permet de réchauffer d'avantage les relations. » C’était l’une des demandes de Kinshasa et les autorités des deux pays ont promis que ces enquêtes donneront des résultats.

→ A (RE)LIRE : De Brazzaville vers Kinshasa, exode massif sur le fleuve Congo

Deuxième annonce : un nouvel accord sur la circulation des personnes entre les deux rives va être discutée. Un texte devra être ratifié prochainement par les deux Parlements. Dès aujourd’hui, les riverains du fleuve Congo devraient pouvoir de nouveau traverser munis d’un simple laissez-passer et d’une carte d’identité. Pour les autres, venus du reste du pays ou ceux qui veulent s’établir chez leur voisin Brazzavillois, il leur faudra un passeport.

Normalisation

Cette convention a aussi pour objectif de formaliser les séjours des étrangers de chaque côté du fleuve. Brazzaville tenait à mettre fin au flou juridique autour des séjours longs. Mais ces deux jours de discussions pourraient ne pas suffire pour calmer les esprits après cette vague d’expulsions massive et souvent violente. Le ministre de l’Intérieur du Congo-Brazzaville, Raymond Mboulou a promis d’examiner les erreurs et de procéder de nouveau au cas par cas. « Tous ceux qui ont été expulsés, s'ils sont des travailleurs et autres, leurs dossiers seront traité. S’il y a un crime, les expulsions continueront, les expulsions obéissent à une règle », a-t-il expliqué.

Mais à Kinshasa beaucoup se sentent toujours trahis par cette opération surprise. Reste à savoir si cette normalisation sur le papier sera bien mise en application à la frontière et si elle suffira pour reconstruire la confiance perdue entre les Congolais des deux rives. De son côté, Brazzaville s’est engagé à ce que les expulsions à venir ne ciblent que des criminels et se fassent de nouveau de façon concertée avec Kinshasa.

Source : Rfi.fr
 



Mercredi 4 Juin 2014 - 09:24



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