RDC: deuil et colère au Nord-Kivu après la mort du colonel Mamadou Ndala

Le colonel Mamadou Ndala, décédé jeudi dans une embuscade, était le commandant d'une unité commando opérant dans la région. Il est considéré comme le héros de la guerre contre la rébellion du M23. Pour protester contre cet assassinat, la société civile du Nord-Kivu a appelé vendredi 3 janvier à une journée villes mortes dans la province. Dès jeudi, dans un communiqué lu à la télévision publique le gouvernement a pointé du doigt les rebelles ougandais des ADF-Nalu. Ils figurent sur la liste des groupes traqués par les Fardc depuis la mise en déroute du M23. Mais à Goma de nombreux observateurs émettent des réserves sur cette hypothèse.



En signe de protestation et de deuil, à Goma, la plupart des boutiques sont restées fermées. La police était déployée aux points stratégiques de la capitale. Le climat était tendu également à Béni où plusieurs centaines de jeunes ont manifesté à quelques kilomètres de l'endroit où le colonel Mamadou a trouvé la mort.

Des circonstances troubles

Plusieurs raisons remettent en cause l'implication des rebelles ougandais des ADF-Nalu dans l'assassinat du colonel Ndala. Il y a d'abord la rapidité avec laquelle le gouvernement congolais a désigné les ADF-Nalu comme responsables de cet assassinat quelques heures seulement après l'attaque.

Ensuite, il y a les circonstances de l'embuscade : un tir de roquette en plein jour à quelques kilomètres du centre-ville de Béni, sur une route contrôlée par l'armée congolaise. Cette route est de plus dégagée, ce qui rendrait difficile une infiltration, selon des témoins.

L'hypothèse du complot ?

En attendant les résultats de l'enquête militaire, ouverte dès jeudi 2 janvier, certains n’écartent pas l’hypothèse d’un règlement de compte interne à l’armée congolaise. Depuis le décès du colonel Mamadou, tous les officiels politiques comme militaires sont unanimes pour regretter « une terrible perte ».

Mais, cet officier d’une trentaine d’années, très populaire auprès de la population, s'était également attiré quelques jalousies. Jamais avare d'une intervention médiatique, « le seul capable de donner une interview depuis la ligne de front », souligne un élu.

Une aura de héros

Il était vu comme le véritable héros de la victoire contre le M23, au détriment de sa hiérarchie et aussi du pouvoir politique, pourtant soucieux de retrouver ses lettres de noblesse dans la région. 

D'ailleurs, la preuve de l'influence de ce colonel s'est vérifiée. En juillet dernier, l'hypothèse de sa suspension par Kinshasa en pleine offensive contre le M23 avait immédiatement provoqué de violentes manifestations à Goma.


RFI

Samedi 4 Janvier 2014 - 10:43



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