RDC: la communauté internationale inquiète de «l'impasse» dans le dialogue

En République démocratique du Congo, toujours pas d’avancées concrètes ni dans l’organisation des funérailles d’Etienne Tshisekedi, ni sur les négociations liées à la mise en application de l’accord de la Saint-Sylvestre. L'Union africaine, les Nations unies, mais aussi l'Union européenne et l'Organisation internationale de la francophonie s'inquiètent de «l'impasse persistante dans le dialogue» entre la majorité et l'opposition. Dans un communiqué conjoint, ces quatre organisations pointent que six semaines après avoir signé un accord sur la gestion de la période de transition pour aller à des élections en décembre 2017, les différentes parties n'ont toujours pas conclu les discussions sur la mise en œuvre effective de cet accord.



RDC: la communauté internationale inquiète de «l'impasse» dans le dialogue
L’UA, l’ONU, l’UE et l’OIF sont inquiètes. Depuis la signature de l’accord sur la gestion de la transition le 31 décembre, rien n’a bougé. « Depuis le départ des représentants de la Cenco [Conférence épiscopale nationale congolaise, ndlr] en mission à l’étranger, ça a un peu traîné, souligne Saïd Djinnit, l’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs. Il y a malheureusement la mort d’Etienne Tshisekedi. »
 
Il rappelle que l’accord prévoit des élections pour la fin 2017. Le temps presse donc. « Nous pensons que le dialogue qui a été initié par le président Kabila et qui a pu avoir l’aval de l’ensemble de la classe politique doit pouvoir se poursuivre. Je crois qu’on doit continuer sur la même lancée. Les parties congolaises, aussi bien majorité qu’opposition, ne doivent pas faillir à leur devoir vis-à-vis des populations de la RDC. Ils doivent impérativement se remettre à la table des discussions pour lever les dernières questions en suspens et s’engager résolument dans la mise en œuvre. Eux-mêmes, les parties prenantes dans l’accord du 31 décembre, se sont donnés pour objectif d’organiser des élections présidentielle, législatives et autres à la fin de cette année. Et si vous voulez avoir des élections avant la fin de l’année, il faudrait s’engager dans la mise en œuvre de l’accord. C’est la seule façon de maintenir la stabilité de ce pays pendant cette période fragile », insiste-t-il.
 
La Cenco tente d'avancer
 
Pourtant jeudi, les évêques, qui parrainent la médiation, ont fait une nouvelle tentative pour faire avancer le dialogue en recevant successivement les délégations du Rassemblement de l’opposition et de la majorité.
 
Mais pour la majorité, pas question de relancer les négociations avant l’enterrement de l’opposant historique. « Nous sommes en deuil, rappelle Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement et membre du bureau politique de la majorité présidentielle. Je crois que tous les Africains qui sont en train de parler avec nous comprennent cela. Nous aurions voulu que ce deuil se terminât déjà il y a plus d’une semaine. Que cela ne traîne pas comme cela puisque le pays ne peut pas attendre indéfiniment. Et donc nous devons terminer le deuil avant de reprendre une activité normale. »
 
Pour le Rassemblement de l’opposition, c’est tout le contraire, il faut avancer dans la mise en place des institutions de la transition : conseil national de suivi et nomination du Premier ministre issu de ses rangs. C’est la meilleure manière de rendre hommage à Etienne Tshisekedi. « Nous souhaitons ardemment que ce soit la dernière de façon à ce que nous puissions apporter une réponse que la population attend face à la dégradation accélérée de la situation économique, face à la résurgence des foyers de tensions et d’insécurité à travers le pays et face à la dégradation, je dirais même à l’aggravation, des conditions de vie », exhorte Christophe Lutundula, vice-président du G7 et délégué du Rassemblement dans les négociations sur les réunions préparatoires.
 
Et, tiraillée donc entre la majorité présidentielle qui veut attendre et le Rassemblement de l'opposition qui veut reprendre les négociations, la conférence épiscopale a décidé d’avancer malgré tout en poursuivant les contacts. « Cette question a été tranchée par la médiation qui a opté par respect pour le défunt d’éviter de grandes rencontres comme on était habitué à le faire, mais de maintenir des contacts. Là on va chez les uns, on revient chez les autres, on avance », décrit l’abbé Nsholé, le secrétaire général de la Cenco.
 
Le Rassemblement de l’opposition a promis de désigner dans les 48 heures le successeur d’Etienne Tshisekedi à la tête du conseil des sages du Rassemblement.

Rfi.fr

Vendredi 17 Février 2017 - 07:30



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