RDC: la suspension des journaux est un recul grave de la liberté de la presse, a déclaré la FAJ



La Fédération des Journalistes Africains  (FAJ) a vigoureusement critiqué aujourd’hui la suspension d'une soixantaine de journaux en République démocratique du Congo (RDC). Elle a également demandé aux autorités de garantir la sécurité des journalistes dans l'exercice de leur fonction. Selon le Syndicat national des professionnels de la presse (SNPP), un affilié de la FAJ en RDC, environ 60 journaux ont été fermés depuis mercredi 20 août par les autorités du pays.  C'est à travers un communiqué lu sur les antennes de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC, public) que la décision a été rendue publique par le ministère chargé des médias qui explique qu’elle rentre  dans le cadre d'une politique d'assainissement de la presse.
 

''Ceci est un recul grave de la liberté de la presse et un déni du droit du public à l'information,'' a déclaré Mohamed Garba, président de la FAJ.''Les défenseurs de la liberté d’expression, du respect des droits humains, et du progrès démocratique ne pourront laisser prospérer cette forfaiture". Parmi les organes de presse ciblés figurent des médias connus à Kinshasa, dont Géopolis, RD Congo News et l'Agence de presse associée. La décision a surpris plusieurs responsables de journaux concernés  qui n'ont pas reçu de notification ni de mise en demeure.
 

'' Parmi ces médias, certains ont cessé de fonctionner depuis plus de deux ans et sont donc logiquement tombés dans le domaine public. Mais d'autres continuent de paraître et aucune organisation professionnelle n'avait reçu copie de cette décision pour nous permettre de l'apprécier,'' regrette Stanis Nkundiye, président du Syndicat national des professionnels de la presse. La FAJ et son affilié en RDC considèrent que la fermeture arbitraire est une violation du droit des journalistes de travailler et de l'opinion publique de recevoir des informations. Rien ne justifie cette décisionmême si les autorités estiment devoir être dans une logique d'assainissement du secteur des médias. ''Les citoyens de la RDC attendent des autorités la mise en place de mécanismes pérennes pour  viabiliser les médias afin qu'ils continuent à jouer leur rôle de consolidation  de la démocratie,'' indique Garba.
 

La FAJ a également dénoncé l'enlèvement d'une journaliste de télévision le 21 août. En effet, le SNPP a confirmé que la journaliste Thythy Bolumbu de Canal Kin Télévision émettant à Kinshasa a été enlevée par des inconnus alors qu'elle venait de finir son travail. Le lendemain aux environs de 10h, ses ravisseurs lui ont permis d'appeler sa mère pour l'informer qu'elle est entre leurs mains, sans autre précision, explique le SNPP. Le motif de cet enlèvement n'est pas encore connu. 

 
Le même jour, le journaliste Mike Mukebay, patron du journal Congo News  a été arrêté à son domicile avec un mandat d'amener du Tribunal de Grande instance de Kinshasa -Gombe. Mukebay, selon ses avocats, est poursuivi pour avoir publié en juillet dernier un  article jugé diffamatoire au Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa. "Tous ces faits sont très préoccupants car ils mettent à rude épreuve  la liberté de la presse », commente Mohamed Garba. ''Les autorités doivent engager des concertations avec les organisations professionnelles et d’autorégulation en vue de garantir la sécurité des journalistes et une presse de qualité".
FAJ


Vendredi 22 Août 2014 - 17:50



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