RDC : le Daring de Kin veut reprendre l’avantage

Désormais coprésidé par deux hommes d'affaires, le député congolais Gentiny Ngobila et le patron français Henri Legarda, le club le plus titré du pays compte redevenir l'un des plus grands d'Afrique.



RDC : le Daring de Kin veut reprendre l’avantage

On ne l’imaginait pas replonger dans un milieu qu’il avait quitté en 2013, quand le club français du Mans, qu’il dirigeait depuis dix ans, s’était retrouvé en liquidation. Henri Legarda, 67 ans, PDG-fondateur du Groupe Vallée SA (600 salariés répartis dans les secteurs du bâtiment, du désamiantage et des télécommunications), s’est pourtant laissé tenter par une nouvelle aventure, loin du football professionnel français.

L’Isérois connaît bien l’Afrique et la RD Congo, où ses affaires le mènent depuis des années. « J’ai des relations de travail et d’amitié avec Gentiny Ngobila. Après son accession, en 2014, à la présidence du Daring Club Motema Pembe [DCMP] Imana, il m’a proposé de le rejoindre et de travailler avec lui afin de mettre sur pied un projet ambitieux, explique Henri Legarda. Le Daring est le club le plus titré du pays, mais il a perdu de son lustre depuis 2008, année où il a été champion pour la dernière fois. »

Totalisant douze titres de champion et autant de coupes nationales, le DCMP, fondé en 1936 par un prêtre belge, est, avec son voisin kinois l’AS Vita Club et le TP Mazembe de Lubumbashi, l’une des institutions du football congolais. Mais ses deux grands rivaux se partagent les titres depuis sept ans (même si le club s’est consolé en remportant la Coupe de RD Congo en 2009 et 2010) et ont pris beaucoup d’avance, tant sportive que structurelle.

Désormais, le Daring est devenu une société anonyme à objet sportif (SAOS), et Henri Legarda, qui a investi dans le capital du club, s’occupera plus particulièrement de l’économie et du marketing, sans s’interdire de participer au volet sportif. Ce fut le cas fin août, quand il a favorisé l’arrivée d’un entraîneur adjoint (Daniel Bréard) pour seconder Mwinyi Zahera, d’un directeur sportif (Franco Torchia), d’un secrétaire général (Antoine Sellès), ainsi que de plusieurs joueurs français et africains.

« Nous avons convaincu les joueurs de venir en leur proposant des conditions financières intéressantes, basées également sur des objectifs à atteindre, précise Henri Legarda. L’idée est simple : on veut rebâtir le club en le dotant de vraies structures. Cela va bien sûr prendre un peu de temps pour se mettre en place, et c’est pour cela que nous prions les supporters d’être patients. »

Le patron français a demandé à certains de ses proches collaborateurs de l’accompagner dans ce retour aux affaires du football, assez loin des standards européens. « Il nous semble important de développer le marketing et le sponsoring, ce qui est peu le cas en Afrique. Ce sera la partie française de l’organigramme du club qui s’en chargera, la partie congolaise se concentrant sur l’administratif et les relations institutionnelles. »

Doté d’un budget d’environ 2,3 millions d’euros pour la saison 2015-2016, le DCMP a aussi choisi d’ouvrir son capital aux supporters : 600 000 actions ont été mises à leur disposition, au prix unitaire de 25 dollars (22 euros). « Nous serons aidés par Ecobank dans la gestion de cette souscription », poursuit le coprésident du Daring. Le groupe bancaire panafricain, qui, comme Cristal’O, une marque d’eau minérale, a signé un accord de partenariat avec le DCMP, secondera également le club kinois dans la vente de produits dérivés, « une pratique également peu développée sur le continent », souligne Henri Legarda.

Le secteur de la communication, essentiel dans le football moderne, n’a pas été oublié. Legarda a chargé l’entreprise qui avait conçu le site internet du Mans FC de nettoyer celui des Immaculés. Et la nouvelle direction souhaite vendre au moins un tiers de la billetterie via un opérateur de téléphonie partenaire pour que les recettes atterrissent directement sur les comptes du club.

« Nous avons aussi renforcé la sécurité dans le stade afin d’inspirer confiance aux partenaires économiques. Quand on veut restructurer un club, il ne faut négliger aucun secteur », poursuit le dirigeant. À plus forte raison quand on veut qu’il redevienne l’un des plus grands d’Afrique, où il n’a plus brillé depuis sa victoire en Coupe des coupes, en 1994.

source:jeune Afrique


Dior Niang

Lundi 9 Novembre 2015 - 07:43



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