RDC: le M23 se retire de la ligne de front de Kanyaruchinya

Information exclusive RFI: le M23 compte se retirer de la ligne de front. C'est en tout cas ce qu'affirme leur chef, Bertrand Bisimwa, au micro de RFI. Cette nouvelle intervient dans un contexte diplomatique tendu : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont accusées par le Rwanda de tirer sur son territoire. Jeudi 29 août, une femme a été tuée et son bébé blessé lors de la chute d'un obus à Gisenyi, ville frontalière de Goma. Côté congolais, les affrontements continuaient hier entre l'armée, appuyée par l'ONU, et les rebelles du M23.



Le président du M23, Bertrand Bisimwa, à Bunagana, le 7 mars 2013. Photo AFP / Isaac Kasamani
Le président du M23, Bertrand Bisimwa, à Bunagana, le 7 mars 2013. Photo AFP / Isaac Kasamani

Bertrand Bisimwa, chef du M23 : Nous venons de décider d’ordonner à nos forces de se retirer de la ligne de front de Kanyaruchinya pour permettre l’arrêt des combats et faire en sorte qu’il y ait une enquête qui soit menée pour établir les responsabilités dans les tirs qui ont été effectués sur le territoire rwandais et sur la ville de Goma. Nous exigeons du gouvernement congolais qu'il retourne à la table des négociations dans les plus brefs délais de manière à permettre une solution négociée à la crise.

RFI : Cela veut dire que vous allez retirer vos troupes, jusqu’à quel niveau exactement ?

Nous les retirons seulement de la ligne de front de Kanyaruchinya, mais nous continuons à garder toutes les positions que nous avions derrière ces positions de Kanyaruchinya. C’est la déclaration des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs qui avait été signée le 24 novembre 2012,  qui nous demandait de nous retrouver à 20 kilomètres de la ville de Goma, et qui exigeait du gouvernement la démilitarisation de Goma et le déploiement à l’aéroport d’une compagnie du M23.

Les Nations unies ont indiqué que les derniers tirs ayant touché le Rwanda sont le fait du M23. Comment réagissez-vous ?

Il est impossible d’envisager que ces tirs soient l’œuvre de nos canons d’autant plus que les cibles atteintes sont situées loin derrière nos lignes et que la menace provient du sens contraire. Deuxième chose, les positions géographiques de nos canons ne peuvent pas permettre d’atteindre les cibles qui ont été touchées sur le territoire rwandais.

Troisièmement, nous pensons par contre que les canons à longue portée dont disposent les forces adverses - c’est-à-dire les FARDC, les FDLR et les troupes de la Monusco - que sont les tanks 55, les canons 122 mm, les canons 37 mm, les canons 107 mm, les lance-roquettes à canons multiples et les mortiers 120 qui sont positionnés dans les localités de Muja, Mugounga, Kibwe, Muningi [dans les environs de Goma, ndlr] peuvent facilement atteindre les cibles indiquées. Ces canons sont pointés en direction de ces cibles. 
Source: RFI



Vendredi 30 Août 2013 - 13:18



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