RDC: le fonds d'investissement américain Och-Ziff Capital accusé de corruption

Suite à une « entente à l'amiable », le fonds d'investissement américain Och-Ziff Capital s'est engagé à verser une amende de 400 millions de dollars pour avoir mis en place un vaste réseau de corruption en Afrique. Cette société est accusée d'avoir versé des pots-de-vin à des responsables en République démocratique du Congo (RDC), au Tchad, au Niger, en Guinée et en Libye.



Pour éviter un procès, le fonds d'investissement américain Och-Ziff Capital a conclu une « entente à l'amiable » suite à des accusations de corruption. Ainsi, il devra verser 200 millions de dollars au « gendarme » de la bourse et 213 millions au département de la Justice.
 
Le texte de l’entente entre les autorités américaines et cette entreprise explique comment Och-Ziff a versé des dessous-de-table pour obtenir notamment des concessions minières.
 
Le document est particulièrement étoffé lorsqu’il est question de la RDC. Il précise que le fonds d’investissement américain a versé 100 millions de dollars à des responsables congolais, qui ne sont pas nommés, entre 2005 et 2015.
 
Pots-de-vin
 
« C’est ce partenaire qui a versé ces pots-de-vin au juge, aux avocats impliqués et aux responsables au sein des ministères, mais surtout à deux individus identifiés avec des sobriquets - c’est la tradition légale dans ce genre de document -, qui ont reçu le gros de ces pots-de-vin », explique le chercheur Jason Stearns.
 
Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, n’exclut pas que ces accusations fassent un jour l’objet d’une enquête en RDC. « Nous savons que nous sommes victimes d’une offensive de calomnie. Nous attendons un dossier en bonne et due forme », explique-t-il.
 
L'une des amendes les plus importantes
 
C’est l’une des amendes les plus importantes jamais imposées à une société américaine pour corruption à l’étranger. « Cette amende est l'une des plus élevées jamais imposées pour atteinte à la loi FCPA, la loi anticorruption aux Etats-Unis. Pour nous, c'est donc un pas en avant très important », précise Peter Jones, chercheur de l'ONG Global Witness, dont le siège est à Londres.
 
Par ailleurs, note Peter Jones, le Serious Fraud Office du Royaume-Uni a également ouvert une enquête sur les activités de la compagnie minière ENRC en RDC.
 

Rfi.fr Dieynaba Faye (stagiaire)

Mercredi 5 Octobre 2016 - 12:15



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter