RDC: présidentielle et désarmement des FDLR, les enjeux majeurs

Cinq envoyés spéciaux de la communauté internationale sont à Kinshasa depuis mardi 4 juin. L’occasion de rappeler les enjeux majeurs des prochains mois : la tenue d’un scrutin présidentiel en 2016 et le désarmement de la rébellion hutu rwandaise.



Les armes d'un rebelle hutu rwandais des FDLR dans la forêt autour de Pinga, à 150 km au nord-ouest de Goma, en février 2009.
Les armes d'un rebelle hutu rwandais des FDLR dans la forêt autour de Pinga, à 150 km au nord-ouest de Goma, en février 2009.

Russ Feingold, l'envoyé spécial des Etats-unis pour la région des Grands Lacs est formel : « Nous suivons de très près le désarmement des FDLR avec l’espoir qu’il y ait une reddition vraiment sérieuse qui ait démarrée. Nous devons être raisonnablement sceptiques, car ce processus pourrait servir aux rebelles pour gagner du temps. » Car si certains ont, en effet, déposé les armes, l’émissaire des Etats-Unis reste prudent : « Nous regardons de près pour voir si cela devient un processus sérieux car les FDLR doivent tous déposer les armes ou ils devront subir des offensives militaires », affirme-t-il.

« On oublie qui sont les FLDR »

« Quelquefois, j’ai l’impression qu’on oublie qui sont les FDLR. Leurs leaders sont parmi ceux qui ont commis les pires crimes de l’histoire mondiale, en 1994. Ce ne sont pas des victimes que l’on a abandonnées toutes seules dans un coin de la République démocratique du Congo », souligne encore l'envoyé spécial des Etats-Unis. Fort d’une capacité à faire pression militairement, Russ Feingold veut s’assurer de ce rendez-vous à Kinshasa pour confirmer le mouvement de reddition des FDLR. Ce serait une nouvelle positive pour Joseph Kabila après le processus engagé avec le M23 ces derniers mois.

Russ Feingold a aussi profité de cette visite pour rappeler l’importance de la publication officielle d’un calendrier clair et global des prochaines échéances électorales. « On ne peut pas seulement dire : "Des élections locales et municipales vont avoir lieu tel et tel jour" et "on verra ensuite pour les autres" », juge-t-il. « La Constitution prévoit que l’élection présidentielle ait lieu en 2016, donc les citoyens de ce pays méritent de savoir et d’être rassurés sur le fait qu’elle aura bien lieu en 2016. »

C’est aussi un enjeu important pour l’image de la RDC auprès de la communauté internationale. « Je pense que c’est aussi l’objectif du gouvernement, contrairement à 2011, que l’on soit en mesure de dire : "C’était de bonnes élections". Tant que les gens ne sont pas informés de la date du scrutin il sera très difficile de le garantir. »

Source : Rfi.fr

 



Mercredi 4 Juin 2014 - 09:28



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